Des obstacles administratifs aux difficultés d'accès aux transports, les personnes handicapées réclament des changements. Réunis au Palais fédéral, 44 parlementaires élus pour l'occasion ont adopté 16 pétitions et soutenu à l'unanimité l'initiative pour l'inclusion.
Organisée par Pro Infirmis, la deuxième Session des personnes handicapées visait notamment à renforcer leur participation politique. Les pétitions, élaborées au sein de quatre commissions, portent notamment sur la mobilité, la formation, le travail, le logement et la santé, indique un communiqué.
Une d'elles demande notamment de faciliter les déménagements entre cantons. Les différences dans les prestations et leur organisation compliquent la vie des bénéficiaires de l'assurance-invalidité (AI) et de prestations complémentaires (PC) qui souhaitent s'établir ailleurs. «C'est une véritable usine à gaz», explique à Keystone-ATS Lionel Frei, responsable de la communication pour la Suisse romande de Pro Infirmis. La pétition réclame une harmonisation.
Une carte officielle pour attester le handicap
Autre proposition: la création d'une carte officielle de personne en situation de handicap, reconnue dans toute la Suisse. Elle permettrait de bénéficier d'aménagements adaptés dans les institutions ou lors de manifestations, sans devoir systématiquement justifier de sa situation ni dévoiler la nature de son handicap.
Lionel Frei relève le décalage entre les droits reconnus et la réalité quotidienne. De nombreuses gares restent difficilement accessibles, tandis que les personnes atteintes d'un handicap visuel rencontrent notamment des obstacles dans les écoles et les universités.
Les participants ont également soutenu à l'unanimité l'initiative populaire «Pour l'égalité des personnes handicapées». Déposée en 2024, celle-ci vise à garantir l'égalité de droit et de fait des personnes handicapées, notamment en leur permettant de choisir librement leur lieu et leur mode de vie.
Le Conseil fédéral recommande son rejet au profit d'un contre-projet indirect, renforcé par le Conseil national en septembre. Pour Pro Infirmis, l'initiative et les pétitions constituent des «combats parallèles». Les secondes proposent des solutions concrètes qui resteraient valides même si l'initiative était acceptée.
Une représentation politique insuffisante
Élus en ligne par plus de 21'000 votants, les 44 parlementaires d'un jour occupaient symboliquement 22% des 200 sièges du Conseil national. Cette proportion correspond à la part de la population considérée comme handicapée selon une définition large de l'Office fédéral de la statistique, qui englobe tout un éventail de situations, allant des handicaps physiques, sensoriels ou psychiques aux maladies chroniques entraînant des limitations, même légères, dans les activités quotidiennes.
Selon l'indice de l'inclusion 2026 de Pro Infirmis, trois personnes handicapées sur quatre jugent leur représentation politique insuffisante. «Les responsables politiques ne doivent pas continuer à prendre des décisions sans nous», a déclaré Simone Leuenberger, présidente de la session et députée au Grand Conseil bernois.
Organisée pour la deuxième fois après une première édition en 2023, la session s'est achevée par la remise des 16 pétitions à la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. Celle-ci a salué une démarche visant à lever les obstacles à l'autodétermination des personnes concernées.