Perte de confiance
Le harcèlement durant l'enfance pousse vers le complotisme

Une étude zurichoise, publiée en 2026, révèle que le harcèlement durant l’enfance peut favoriser les pensées complotistes. Les victimes perdent confiance et développent une vision méfiante du monde, selon les chercheurs.
Une étude zurichoise montre un lien entre harcèlement durant l’enfance et adhésion aux théories du complot.
Photo: Shutterstock
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ATS Agence télégraphique suisse

Qui perd confiance dans le monde durant sa jeunesse risque, une fois adulte, d'adhérer plus facilement à des théories du complot. Une étude zurichoise montre comment être victime de harcèlement peut mener sur ce chemin.

«Se représenter le monde comme un endroit dangereux, plein de manigances, où le mal doit être combattu par la violence, ne surgit pas dans l'esprit d'une personne du jour au lendemain», explique à l'agence Keystone-ATS Hanne Duindam, de l'Université d'Utrecht (NL). Pendant la pandémie de Covid-19, qui a vu les théories du complot se multiplier sur la toile, la professeure a voulu savoir d'où cette vision du monde provenait.

Pour répondre à sa question, la scientifique est allée chercher des données à Zurich. Là-bas, un projet de la municipalité suit depuis 2004 environ 1500 jeunes. Les participants ont été recrutés à l'âge de 7 ans et ont été sondés au fil du temps, une dernière fois à l'âge de 24 ans. Cette étude est conduite par l'Université de Zurich et est financée par le Fonds national suisse (FNS).

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Grâce à ces données, l'équipe dirigée par la professeure Duindam a pu montrer que certains participants à l'étude avaient perdu confiance après avoir subi, durant leur jeunesse, du harcèlement, s'être montrés de plus en plus méfiants par rapport à leur environnement ou avoir dû supporter d'importantes charges émotionnelles. Ces personnes, à l'âge de 24 ans, avaient plus tendance à avoir des pensées complotistes et des idées extrémistes.

Les travaux ont fait l'objet d'une publication dans la revue spécialisée «Journal of Youth and Adolescence».

Ces résultats sont aussi importants afin d'éviter la stigmatisation des complotistes. «De l'extérieur, il est facile de qualifier certaines convictions d'irrationnelles ou de folles. Mais pour ces personnes qui ont subi certaines expériences, ces convictions peuvent donner un sens à leur vie», note la professeure Duindam.

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