De «Baila Morena» de Zucchero à «Jolene» de Dolly Parton, la musique peut atténuer les symptômes de la maladie de Parkinson. Les mélodies et les rythmes contribuent à améliorer la motricité, la motivation ainsi que l'humeur des malades concernés, selon une étude de la Haute école de Lucerne.
La musique peut agir même lorsqu'on ne fait que l'imaginer, souligne lundi la Haute école de Lucerne (HSLU). Chez certains patients, se remémorer les paroles d'une chanson a permis de sortir d'un blocage, explique Dawn Rose, musicologue et responsable auprès de la HSLU du projet mené en collaboration avec des partenaires internationaux et des malades atteints de Parkinson.
Chez les personnes souffrant de cette maladie incurable, certaines cellules nerveuses meurent, notamment celles qui produisent la dopamine, ce qui perturbe les mouvements, la motivation et le rythme corporel. Les symptômes incluent tremblements, rigidité, ralentissement des mouvements, voire blocages («freeze»), ainsi que troubles de l’humeur, du sommeil ou de la pensée.
«Jukebox intérieur»
Le projet s'est concentré d'une part sur le rythme comme signal auditif et d'autre part sur la musique dans la tête comme signal interne pour soutenir la marche et la mobilité. Les participants ont appris à créer des «jukebox intérieurs» avec des signaux musicaux afin de faciliter les mouvements ou lever des blocages. Une participante rapporte par exemple imaginer la musique de sa jeunesse en marchant, ce qui l'aide à avoir une démarche régulière. Selon l'étude, la musique peut aussi motiver à bouger et améliore l'humeur.
Outre les retours des participants, les chercheurs ont mesuré les changements en recourant à la technologie de capture de mouvement (motion capture) issue du cinéma. Ils ont ainsi pu analyser des aspects clés de la mobilité, comme les rotations.
Dans le projet «Songlines for Parkinson», chaque style de musique vise un objectif thérapeutique différent. Ainsi, la musique militaire peut aider à trouver et à maintenir le rythme de marche tandis que l'apprentissage du haka – danse guerrière maorie – améliore l'expression faciale et la force vocale.