«Je l'avais vu venir»
Un féminicide en Thurgovie malgré une mesure d'éloignement

Le meurtre commis à Buchackern (TG) soulève des questions et inquiète la population. Mercredi, Yulia P., une Ukrainienne de 40 ans, a perdu la vie; l'auteur présumé du crime est derrière les barreaux.
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Yulia a été tuée mercredi à Buchackern.
Photo: Facebook
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Sandro Zulian et Nicolas Lurati

Le calme du petit village de Buchackern (TG) a brutalement fait place à l'horreur. Mercredi, vers 16h30, la centrale d’urgence a été alertée: une Ukrainienne de 40 ans ne s’était pas présentée à son travail, comme l’a rapporté Blick. Dépêchée sur les lieux, la police thurgovienne a découvert le corps sans vie de Yulia P.* à son domicile.

C'est dans ce paisible village de Thurgovie que les faits se sont déroulés.
Photo: BRK News

Un Allemand de 53 ans se trouvait également dans la maison lors de l'intervention. Il a été interpellé et est considéré comme le principal suspect.

«C’est fou»

Vendredi, Blick a interrogé les habitants du village et a découvert des éléments effrayants. Un homme du quartier déclare sans détour: «Je l’avais vu venir. C’est fou que ça ait dû arriver.»

En effet, l’homme qui se trouve désormais en détention n’est pas inconnu des services de police. A l’automne 2025, il y a environ un an, la police était déjà intervenue à Buchackern pour des faits de violence conjugale. Il s’agirait de l’ex-compagnon de l’Ukrainienne décédée. Des voisins ont déclaré au 20 Minuten: «Cet homme n’arrivait pas à accepter la séparation.»

Elle aurait été tuée par un Allemand de 53 ans.
Photo: Facebook

A l’époque, l’Ukrainienne se serait réfugiée chez un voisin «en sous-vêtements, avec juste un petit manteau par-dessus», raconte à notre rédaction un riverain qui souhaite rester anonyme. Mais ce n’est pas tout: «Plus tard, l’homme qui vivait avec elle est venu me voir et m’a dit: 'Tu es un homme mort.'» La police était alors intervenue pour apaiser les tensions.

Violences contre les femmes: besoin d'aide?

Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.

En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.

Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.

Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.

En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.

Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.

Blick a appris de l'entourage de la victime qu’une ordonnance de mesure d'éloignement avait été prononcée à l’encontre du suspect. L’Allemand n’avait en principe plus le droit de s’approcher de la maison où vivait Yulia. Le suspect aurait d'ailleurs tout planifié pour contourner cette mesure: selon les informations de 20 Minuten, l'homme de 53 ans a garé son véhicule en lisière de forêt avant de rejoindre le domicile de Yulia à pied, à l'abri des regards.

Le parquet confirme la mesure d'éloignement

Interrogé à ce sujet, Fabian Mörtl, porte-parole du parquet du canton de Thurgovie, confirme l’intervention policière de l’automne 2025. Il déclare: «Un tribunal a prononcé une mesure d'éloignement. Nous ne pouvons toutefois pas fournir davantage de détails pour l’instant en raison de l’enquête en cours.»

Yulia était une «femme sympathique», racontent ses voisins. Elle était aimable, mais discrète. Selon nos informations, cette femme de 40 ans menait une vie plutôt tranquille dans le village. Elle tenait une boutique en ligne d’articles de jardinage et de loisirs, tout en proposant des services de nettoyage et d’entretien d'extérieurs.

Vendredi, nous avons également pu nous entretenir avec le propriétaire du logement de la défunte. Lui aussi dresse un portrait chaleureux de la quadragénaire: «C’était une personne agréable. Elle était toujours polie avec nous.»

«Un événement tragique»

Sur place, Blick a rencontré le président de la commune d’Erlen, Thomas Bosshard. Il explique sa présence: «J’ai été appelé dans la soirée, car la police a besoin d’un représentant de la commune qui se rende sur place pendant que l’enquête est en cours.»

Le maire Thomas Bosshard sera également présent vendredi.
Photo: Nicolas Lurati

Un tel acte ne laisse pas l'élu indifférent: «C’est une situation tragique, un événement terrible qui choque tout le monde.»

*Noms modifiés 

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