150 appels d'offre manipulés
La Comco soupçonnne 20 sociétés suisses d'avoir formé un cartel

La Comco enquête sur un possible cartel dans le génie civil et le bâtiment en Suisse. Entre 2016 et 2025, plus de 150 appels d'offres auraient été manipulés, impliquant plusieurs entreprises.
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Laura Melusine Baudenbacher, présidente de la Comco, le 16 janvier 2023 à Berne.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

La Commission de la concurrence (Comco) étend son enquête relative à d'éventuels accords dans le domaine du génie civil et de la construction dans le canton de Jura. Elle porte sur vingt entreprises, contre six au moment de l'ouverture en novembre dernier. «Ces entreprises sont soupçonnées d'avoir coordonné leurs offres et leurs prix pendant plusieurs années pour des marchés publics et privés», souligne un communiqué mardi. «Plus de 150 appels d'offres dans le domaine du génie civil et du bâtiment entre 2016 et 2025 sont potentiellement concernés», précise le gendarme de la concurrence.

L'enquête, qui dure généralement trois ans, examinera s'il existe effectivement des restrictions illicites à la concurrence. Si des entreprises s'accordent sur les prix à soumettre lors d'un appel d'offres ainsi que sur l'entreprise qui est censée remporter l'appel d'offres, «ces entreprises forment un cartel de soumission illicite» qui «augmentent les prix, rendent les entreprises inefficaces et constituent une entrave à l'innovation». Ces cartels «nuisent ainsi tant à l'économie qu'aux pouvoirs publics» tient à souligner la Comco.

Les entreprises sous enquête sont André Chaignat et Fils, Bieri et Grisoni, Comte Construction et Germain Comte, Fernand Perrin et Perrin Holding, Marti Arc Jura et Marti Holding, PMB Construction et PMB Holding, Louis Vernier, Baume constructions, Entreprise Lovis, F. Hänzi, FMGC, Francis Beuchat et Benjamin Chaignat Holding, G. Cuenat, GCB, Georges Chételat, Guy Choulat, Laurent Membrez (succursale de Delémont), Les Fils de Marc Joliat, Mendez Constructions et René Seuret. Les entreprises bénéficient de la présomption d'innocence, rappelle la Comco.

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