Des milliers de femmes ont battu le pavé ce week-end à l'occasion de la Grève féministe. En Suisse romande, les collectifs féministes n'ont pas attendu le 14 juin pour organiser leur manifestation. Ils ont voulu donner l'occasion aux participantes de se mobiliser à Genève dimanche contre le sommet du G7, appelant à la convergence des luttes.
Ces mouvements ont appelé à faire entendre, durant tout le week-end, leur colère et à lutter contre un «système d’oppression où le patriarcat, le capitalisme, le militarisme et le colonialisme s’alimentent mutuellement.»
La convergence des luttes, centrale dans les discours des collectifs ces dernières années, appelle à penser un système féministe, anti-fasciste, anticapitaliste et anti-impérialiste. «Nous refuserons de dissocier nos quotidiens locaux des réalités globales», résume le manifeste qui ajoute: «notre mobilisation est un point de convergence de multiples résistances.»
«Ras le viol»
Ainsi samedi à Lausanne, la place de la Riponne a été tâchetée de violet dès 16h00. «Nous sommes dans la rue aujourd’hui, parce que les chiffres sont insupportables», a martelé une manifestante, évoquant les 13 féminicides survenus depuis le début de l'année en Suisse. «Nous en avons assez», a résumé une autre voix. Le cortège s'est terminé sur l'esplanade de Montbenon.
Contactée par Keystone-ATS, la police cantonale vaudoise a comptabilisé entre 8500 et 9000 personnes. Sur Instagram, le collectif de la Grève féministe Vaud se réjouit des 15'000 personnes mobilisées. «On n'arrive plus à compter!»
Au fil de la marche, d'innombrables pancartes se révèlent à travers la foule: «On ne naît pas femme, on en meurt», «Ras le viol», «Derrière le capitalisme, notre travail invisible» ou encore «Elle se branche où la prise de conscience?».
Services publics accessibles à toute la population, véritables politiques de lutte contre les violences et les féminicides et prise en compte des minorités: les revendications sont nombreuses. «Nous voulons une société qui protège, qui soigne, qui choisisse la solidarité plutôt que le profit.»
Neuchâtel aussi
A Neuchâtel aussi, le collectif de la grève féministe a choisi d’organiser le cortège samedi afin de maximiser son impact dans la ville et de permettre à celles et ceux qui le souhaitaient de se rendre ensuite à Genève pour participer à la manifestation contre le G7.
Les manifestants revendiquent une société dans laquelle toutes les personnes sont respectées et trouvent leur place. Ils réclament notamment davantage de mesures de prévention et de protection contre les féminicides et les violences sexistes, ainsi qu’une meilleure reconnaissance du travail des soins et une véritable égalité des chances entre les sexes sur le marché du travail.
«Nous demandons également davantage de moyens matériels de la part des autorités afin de pouvoir rémunérer le personnel et garantir des structures d’accueil disposant de ressources suffisantes pour protéger les femmes», a expliqué à Keystone-ATS Marianne Ebel, du collectif neuchâtelois de la grève féministe.
En Suisse alémanique aussi
Dimanche, c'était au tour de la Suisse alémanique de se mobiliser. Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Lucerne, Bâle ou Zurich. La journée a été célébrée de manière décentralisée à Berne. L'objectif était de prendre position contre la violence sexiste et en faveur de l'égalité des droits pour tous.
Le programme comprenait des sets de DJ et des discours. De nombreuses organisations ont notamment organisé un brunch, un atelier de bricolage ou un cours de yoga.
Vêtues de violet et faisant beaucoup de bruit, quelque 5000 personnes se sont rassemblées dans l'après-midi devant le Palais fédéral, a constaté une journaliste de Keystone-ATS. «Toujours en colère!» pouvait-on lire sur une grande banderole déployée sur la Place fédérale.