Cet après-midi, la police argovienne sortira de son silence, deux jours après l'arrestation du principal suspect de l'attaque survenue lors de la rave d'Aarau. Les autorités tiendront une conférence de presse à 14h à Schafisheim (AG).
Plusieurs questions restent en suspens, notamment sur les auteurs, leur identité et leurs mobiles. Blick énumère les quatre principales contradictions, dont les réponses pourraient être apportées cet après-midi.
Deux armes, deux lieux du crime, un seul tireur
Y a-t-il encore un tireur ou un complice en liberté? Près de 24h après la fusillade, les enquêteurs ont pu arrêter un suspect principal en dehors du canton d’Argovie. La police privilégie la piste de l'auteur isolé.
Certains témoignages contredisent toutefois cette version, affirmant avoir vu deux auteurs. Un soupçon que vient renforcer la découverte de douilles provenant de deux armes différentes sur deux lieux distincts.
Pourquoi le tireur a-t-il cessé de tirer?
Jusqu'alors, la police a retenu trois mobiles principaux: un acte terroriste, une fusillade à l'aveugle ou un «règlement de comptes». L’heure à laquelle les coups de feu ont été tirés et le fait que le tireur n’ait pas utilisé davantage de munitions contredisent l’hypothèse d’un attentat terroriste.
Si l’auteur avait voulu causer le plus de dégâts possible, pourquoi n'a-t-il pas utilisé toutes ses balles? La police indique avoir retrouvé «plus d’une douzaine» de douilles de fusil sur les lieux du crime, soit nettement moins que les trente que peut contenir un chargeur d’AK-74, l'une des armes présumées utilisées lors des faits.
Dans les médias italiens, la théorie d’une fusillade à l’aveugle est au cœur des débats (voir point numéro 4). Ceux-ci affirment que le tireur serait un Suisse «en colère contre le monde» qui aurait agi par haine. Ces informations s’appuient sur des déclarations attribuées à des sources proches de l'enquête.
Un règlement de comptes de la mafia?
La police a aussi envisagé la piste d'un «règlement de comptes dans le milieu» pour expliquer le mobile de la fusillade. Plusieurs éléments semblent, à ce stade, accréditer cette hypothèse.
On a en effet appris entre-temps que la victime, Maria, était d'origine rom, selon son colocataire Christopher. Il a raconté aux médias qu'elle portait un «nom de famille qui lui avait causé quelques problèmes» en Italie.
Ces déclarations, couplées aux événements survenus sur l'aire de stationnement des gens du voyage, à proximité du festival, alimentent les spéculations. Ainsi, le véhicule de l'un d'entre eux aurait été pris pour cible par l’auteur des faits après que son occupant en est descendu. Par ailleurs, l'AK-74 est également prisée par certains groupes mafieux, ce qui pourrait renforcer la piste d’un règlement de comptes.
Mais cette théorie comporte un hic: ce tir ciblé ne correspond pas du tout au reste du mode opératoire du tireur. S’agissait-il donc réellement d'une attaque ciblée, ou plutôt d’une rencontre fortuite?
Un ancien militaire?
Les nombreuses zones d’ombre alimentent actuellement les spéculations, notamment dans les médias italiens. Certaines des hypothèses avancées semblent toutefois ne pas correspondre aux informations communiquées jusqu’ici par la police cantonale argovienne.
Par exemple, le «Corriere della Sera» affirme que l’auteur des faits aurait tiré avec un «fusil d’assaut de l’armée suisse». Cette affirmation ne semble toutefois pas correspondre aux douilles retrouvées par les enquêteurs suisses, qui laisseraient plutôt penser, comme dit plus tôt, à l’utilisation d’une arme de la gamme des AK-74.
Dans le même article, le quotidien italien cite des sources proches de l'enquête, selon lesquelles le suspect serait un Suisse, ancien militaire et habitué au maniement des armes. Le journal rappelle par ailleurs que les fusils d'assaut utilisés durant le service militaire peuvent être conservés au domicile en Suisse. «La Repubblica» a publié des informations similaires, en se montrant toutefois plus prudente. Elle indique aussi que l’auteur des faits se serait lui-même rendu à la police.
Seule la conférence de presse prévue aujourd’hui à 14h permettra de faire le tri entre les rumeurs qui se confirmeront et celles qui seront démenties. Blick suivra la conférence en direct et fera le point.