Le groupe «Junge Tat» est-il sur le point d'être démantelé? Le 4 septembre, les dirigeants de ce groupe d'extrême droite devront répondre de leurs actes devant le tribunal de district de Zurich. Le parquet les accuse d'une série d'infractions pénales et réclame des sanctions sévères.
Le SonntagsBlick a pu consulter les actes d’accusation. Les deux chefs du groupe, Manuel Corchia et Tobias Lingg, devraient être particulièrement touchés. Tous deux ont fait de la «Junge Tat» une organisation disposant d’un réseau international et se sont ainsi retrouvés à maintes reprises en conflit avec la loi.
Les chefs du groupe vont-ils finir en prison?
Le grand procès va maintenant avoir lieu. En raison de leurs actions antérieurs, les extrémistes de droite Manuel Corchia et Tobias Lingg risquent des peines d’emprisonnement de 15 mois, dont six fermes.
Il s'agit d'infractions qu'ils auraient commises, ainsi que quatre autres membres de la «Junge Tat», entre février 2022 et avril 2024: discrimination, incitation à la haine, contrainte, dégradation de biens, infractions à la loi sur les explosifs, trouble à l’ordre public, violation de domicile et autres.
Les faits
Concrètement, le parquet de Zurich reproche aux chefs de file de la «Junge Tat» d’avoir pris part, en février 2022, à des affrontements violents avec des extrémistes de gauche. En juin 2022, ils auraient fait irruption, le visage dissimulé, lors d’un office religieux organisé dans le cadre du festival Pride à Zurich. Selon les enquêteurs, ils auraient causé des dégâts s’élevant à près de 9000 francs et appelé à la discrimination à l’encontre des personnes non hétérosexuelles.
En octobre 2022, le groupe autour de Manuel Corchia et Tobias Lingg a perturbé une séance de lecture animée par des drag queens pour les enfants au Tanzhaus de Zurich. A cela s’ajoutent diverses actions de propagande illégales, comme le déploiement de banderoles depuis les toits de la gare.
La «Junge Tat» sûre de sa victoire
Des peines de prison infligées aux dirigeants de «Junge Tat» porteraient un coup dur au groupe. Manuel Corchia et Tobias Lingg en sont les forces motrices, tant en interne qu’en externe. Sans eux, le groupe risquerait d’être considérablement affaibli, du moins temporairement.
La «Junge Tat», surveillé par le Service de renseignement de la Confédération (SRC), considère le procès intenté contre lui comme une criminalisation ciblée de la part de l’Etat. Face au SonntagsBlick, les extrémistes de droite se montrent sûrs de leur victoire: «Si la liberté d’expression existe encore en Suisse, ces accusations ne déboucheront pas sur une condamnation», déclare Manuel Corchia.