La Poste a annoncé lundi une réduction de ses coûts d'ici fin 2027, ce qui pourrait entraîner jusqu'à 110 licenciements. Le géant jaune justifie ces mesures par la nécessité d’assurer son autonomie financière à long terme.
La Poste explique ces mesures d'économies par la baisse du volume des lettres et des transactions au guichet. La croissance dans de nouveaux secteurs d’activité et les mesures tarifaires ne parviennent pas encore à compenser la baisse des produits, écrit l'entreprise fédérale dans un communiqué.
La Poste continue donc sa restructuration. Elle prévoit de diminuer ses frais de personnel dans les fonctions de management et de support. Cela pourrait entraîner jusqu’à 110 licenciements dans les «fonctions administratives classiques». En revanche, le personnel d'exploitation par exemple dans la distribution du courrier ou dans les filiales n'est pas concerné.
L'entreprise va mener une procédure de consultation avec les unités concernées. Elle entend limiter au maximum les licenciements grâce aux départs à la retraite ou anticipés et à la fluctuation naturelle du personnel. Lorsque des suppressions de postes sont nécessaires, la Poste s'appuie sur les accords conclus avec les partenaires sociaux.
Financièrement autonome
«Nous devons aujourd’hui structurer la Poste de manière à ce qu’elle reste prospère et financièrement autonome à l’avenir également», explique le directeur général Pascal Grieder, cité dans le communiqué.
Les mesures prévues s’inscrivent dans le cadre de la transformation de la Poste. Elles contribuent à ce que l'entreprise semi-publique puisse continuer à assurer un service public de qualité sans recourir à l’argent des contribuables.
Mauvaises nouvelles à la chaîne
Syndicom critique ces nouveaux plans d'économie. Malgré un bénéfice de 139 millions de francs au premier semestre 2026, la Poste maintient sa stratégie de démantèlement.
Les 110 emplois menacés s'ajoutent à une série de restructurations. Au total, plus de 430 personnes ont déjà été concernées par des suppressions de postes, des externalisations et des fermetures d'entreprises depuis 2025, selon le syndicat.
Il en ressort un tableau clair: presque aucun domaine de la Poste n'est épargné par les suppressions d’emplois, les restructurations ou les externalisations. L’annonce d’aujourd’hui confirme l’impression d’une stratégie d’entreprise, qui, sous le CEO Pascal Grieder, mise avant tout sur les réductions de personnel, relève le syndicat dans son communiqué.
Dans le même temps, la Confédération se fait verser un dividende de 150 millions de francs. Pour syndicom, cette politique des dividendes est erronée. Cet argent pourrait être investi dans les emplois, la qualification du personnel, la numérisation et la qualité du service public.
Modernisation d'ici 2035
Le syndicat estime en outre que la réforme de la loi sur la Poste va encore affaiblir un peu plus le service public. La Poste salue elle au contraire les projets du Conseil fédéral visant à adapter à partir de 2035 environ le service universel aux besoins réels de la population.
L'an dernier, le chef du Département fédéral de la communication Albert Rösti a présenté les grandes lignes de la révision de la loi. Il n'y aura pas de démantèlement du service universel tant qu'il y a de la demande. En revanche, en cas de recul, un mécanisme d’adaptation du service universel sera défini.