Le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé jeudi «à l'unanimité» un plan de restructuration prévoyant la suppression d'environ 50'000 postes supplémentaires dans le monde d'ici la fin de la décennie, soit le double d'un précédent plan datant de 2024 et aggravé depuis.
La décision a été annoncée après une réunion de la commission de présidence du conseil, avant une réunion plénière de l'organe de contrôle du groupe de Wolfsbourg prévue vendredi. Le premier constructeur européen avait déjà annoncé entre 2024 et 2026 vouloir supprimer 50'000 emplois en Allemagne d'ici 2030, principalement sur la marque phare VW.
Un total de 100'000 suppressions d'emplois représenterait environ 15% des effectifs du groupe. «Compte tenu de la pression concurrentielle mondiale croissante, des structures de demande en mutation et du changement technologique dans l'industrie automobile, une adaptation conséquente des capacités de personnel à la réalité économique est indispensable», explique le premier constructeur automobile européen en crise.
Surcapacité de production
Le conseil de surveillance, où siègent à parité représentants de salariés et d'actionnaires, a pris acte «de l'existence d'une surcapacité de production de 500'000 véhicules en Europe» et du fait «qu'aucune charge de production ultérieure compétitive, échelonnée entre les années 2031 et 2034, ne peut actuellement être garantie» pour quatre usines allemandes menacées: Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm.
Pour ces quatre sites en sursis, «des possibilités d'utilisation alternatives sont examinées», affirme le groupe. Comme l'ensemble de l'industrie automobile allemande, Volkswagen souffre d'une demande atone, d'une transition vers l'électrique plus lente qu'espéré et de la concurrence croissante des marques chinoises, qui pèsent sur ses ventes et sa rentabilité.
«Il est important que le directoire (de Volkswagen) dispose désormais de la base nécessaire pour s'attaquer aux grandes tâches à venir. Cela comprend explicitement l'élaboration de scénarios d'avenir pour l'ensemble des sites», a commenté Christiane Benner, vice-présidente du conseil de surveillance et première présidente du syndicat IG Metall, selon un communiqué.