Une grande partie du temps de travail des médecins est consacrée à la bureaucratie plutôt qu'aux soins. C'est ce que révèle une enquête menée par la Société suisse de médecine interne générale (SSMIG), à laquelle ont participé plus de 1800 professionnels.
Les personnes interrogées jugent que la mise à jour des listes de médicaments et la vérification des ordonnances constituaient les tâches les plus «superflues». Viennent ensuite la double documentation due à l'incompatibilité des systèmes numériques et les demandes de précisions des assurances. Le traitement des demandes médicales transmises par e-mail est également cité pour expliquer un manque de temps pour s'occuper des patients.
Les résultats ont mis en évidence la charge administrative inutile à laquelle le corps médical est soumis, a écrit mercredi la Fédération des médecins suisses (FMH) dans un communiqué. Selon elle, une grande partie de cette charge est due à l’incompatibilité des systèmes numériques.
La FMH explique cette réalité par l'absence de normes et estime que c'est désormais aux responsables politiques d'en faire la promotion, a déclaré sa présidente Yvonne Gilli. En collaboration avec l'association faîtière des assureurs maladies prio.swiss, la FMH souhaite en outre s'attaquer aux «demandes superflues» des assureurs-maladie. La SSMIG réclame également des mesures concrètes pour réduire la bureaucratie.
«Tigre de papier»
Les tâches administratives inutiles se présentent souvent sous forme de documents papier ou de fichiers PDF dans les cabinets médicaux et les hôpitaux: «Imprimer, signer, scanner, envoyer par e-mail, et cela en 2026», illustre Sven Streit, initiateur de la campagne «Tigre de papier».
Cette campagne permet, à l'aide d'un autocollant, de marquer et de désigner les tâches administratives inutiles dans le quotidien du cabinet et de l’hôpital. «Ce n'est pas une provocation, mais une invitation à la réflexion.» Enfin, la SSMIG estime ce sont les patients qui doivent être traités et non les formulaires.