Après seulement un an en poste, le CEO Torsten Friedrich en a déjà terminé avec Denner. Apparemment, il en a eu assez de la stratégie imposée par la maison-mère. Migros ne dit rien sur les raisons de son départ et s’en tient à ce qu’elle écrit dans son communiqué: «Des idées différentes sur la stratégie et le développement futur de Denner».
Mais derrière cette formule toute faite se cache bien plus. Le départ de Torsten Friedrich, patron de Denner, était dans l’air depuis un certain temps déjà. Ceux qui connaissent le natif de Leipzig savent qu'il est un homme d’action. Sa devise est «Hands-on», se retrousser les manches, essayer des idées quitte à les laisser tomber. Torsten Friedrich a son caractère. Dans le bon sens du terme. Le personnel l’a bien accueilli aussi parce qu’il connaît le métier du discount sur le bout des doigts. Le désormais ex-CEO a en effet passé la majeure partie de sa carrière professionnelle chez Lidl.
Friedrich a perdu son pouvoir d’achat
Il n’est pas étonnant que Mario Irminger, admirateur de Lidl et directeur général de Migros, ait fait venir l’Allemand chez Denner. Mais en même temps, Irminger a fait avancer la restructuration de Migros. Il a rationalisé les structures, supprimé les doublons et centralisé. Par exemple les achats, la discipline de prédilection de l'Allemand. Mais c’est précisément dans ce domaine que Torsten Friedrich et son équipe n’ont plus le droit de décider par eux-mêmes, car Migros a pris depuis quelque temps le contrôle de l’approvisionnement de sa filiale.
Boycotter les fournisseurs pour obtenir des prix plus bas? Depuis des mois, c’est uniquement l’affaire de Migros. Elle décide de ce qui est acheté et de ce qui ne l’est pas. La maison-mère a également un œil critique sur la manière dont Denner communique. Denner aurait eu bien plus à dire à ses clients que de diffuser des spots publicitaires, par exemple sur le sponsoring de l’équipe nationale de hockey sur glace. Mais Torsten Friedrich n’en avait pas le droit, selon des personnes proches de lui.
Friedrich ne voulait plus être tenu en laisse et son départ est compréhensible. C’est désormais un manager de Migros qui prend sa place, rien d’étonnant non plus.