Un rapport tire la sonnette d'alarme
La Confédération à la traîne en matière d'IA

Le Département de la Défense n'est pas au point en matière d'intelligence artificielle. Selon un audit, il existe des lacunes dans l'ensemble de l'administration fédérale.
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L'IA ne cesse de gagner en importance, y compris pour les administrations.
Photo: Getty Images
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Andreas Schmid

L'audit interne du Département de la Défense (DDPS) dresse un bilan décevant. Dans son rapport sur le «développement et l'utilisation de systèmes d'intelligence artificielle au DDPS», il est dit que le «degré de maturité» du département est «encore faible» en ce qui concerne l'utilisation de l'intelligence artificielle. Le niveau actuel est jugé «insuffisant».

De plus, les conditions ne permettent d'améliorer le niveau à court terme que «dans une mesure limitée». Certes, le DDPS déploie de nombreux efforts pour promouvoir les innovations en matière d'intelligence artificielle, tant dans le domaine militaire que civil, mais il manque une coordination générale et il n'existe pas de vue d'ensemble des applications de l'intelligence artificielle.

Martin Pfister doit élaborer un plan

Dans le secteur militaire en particulier, le développement technologique et l'acquisition de données par des systèmes électroniques gagnent continuellement en importance. Ainsi, le Service de renseignement de la Confédération (SRC), rattaché au DDPS, souligne dans le rapport d'audit qu'il est tributaire d'une stratégie en matière d'IA pour pouvoir remplir son mandat légal et prévenir les dangers.

Les réviseurs recommandent notamment au ministre de la Défense Martin Pfister d'élaborer un plan de mesures IA pour le département, de mettre en place un monitoring central des applications et de développer les compétences en matière d'intelligence artificielle. Martin Pfister a entre-temps ordonné aux responsables du département de «mettre en œuvre les recommandations sous une forme appropriée d'ici fin 2026», comme il l'indique dans sa lettre.

Un problème pour toute l'administration

Le DDPS a pris connaissance des explications de l'audit interne, explique la porte-parole Aline Brülisauer. Elle indique toutefois que les retards n'ont pas été pris par le département: «Au sein de l'administration fédérale, des lacunes subsistent au niveau des bases et de l'infrastructure, dont dépend également le développement des compétences au sein du DDPS». Aline Brülisauer insiste: en comparaison avec le reste de l'administration fédérale, le Département de la Défense n'est pas en retard. La porte-parole ajoute: «Il n'est pas pertinent que chaque département élabore sa propre stratégie en matière d'IA.»a

En d'autres termes, la Confédération est globalement à la traîne. L'administration est en train de mettre en place sa propre infrastructure compatible avec l'IA. Aline Brülisauer affirme que ce système est spécialement conçu pour «traiter et protéger en toute sécurité les informations classifiées».

Au DDPS, cela est particulièrement important pour le service de renseignement (SRC). La porte-parole constate que le SRC est très attentif aux nouvelles technologies dans le cadre de ses activités. Sa mission légale repose fortement sur la collecte et le traitement de données, ce qui rend l'utilisation de l'IA essentielle.

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