Soirées libertines et flic corrompu
Un garagiste valaisan braque un octogénaire et le laisse ligoté six jours

Un garagiste valaisan a été condamné à 20 mois de prison avec sursis pour son rôle dans un braquage de 2015 à Crans-Montana, impliquant le vol d'un coffre-fort et un retraité laissé ligoté durant six jours.
Un garagiste valaisan a été condamné à 20 mois de prison avec sursis pour son rôle dans un braquage de 2015 à Crans-Montana.
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ATS Agence télégraphique suisse

Un garagiste valaisan a été condamné à 20 mois de prison avec sursis durant 3 ans pour avoir, notamment, détourné de l'argent qui a été volé par des tiers dans le coffre-fort d'un octogénaire. Les faits s'étaient produits en 2015 à Crans-Montana.

Le Tribunal cantonal (TC) valaisan a condamné le prévenu pour vol, violation de domicile, instigation à faux dans les titres, instigation à violation du secret de fonction et pour infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants. En première instance, le tribunal d'arrondissement de Sierre l'avait condamné à une peine identique. Devant le TC, la procureure Liliane Mottier Bruttin avait demandé le rejet de l'appel et la confirmation dudit jugement. Elle a été suivie par la Cour.

Ligoté durant six jours

Par contre, le garagiste a été acquitté de deux chefs d'accusation, sans que cela ne modifie sa peine, soit: conduite d'un véhicule sans l'assurance responsabilité civile prescrite et instigation à violation du secret de fonction en relation avec les informations sur les téléphones et les écoutes téléphoniques.

Les faits se sont produits le 30 avril 2015 à Crans-Montana. Un retraité de 82 ans, qui possédait un coffre-fort à son domicile, a été braqué. L'octogénaire a ensuite été ligoté et laissé sans secours dans son appartement pendant six jours. Les experts ont conclu que sa vie avait concrètement été mise en danger, au vu son âge et en raison de l'embolie pulmonaire ainsi que de la pneumonie lobaire supérieure gauche, de l'insuffisance rénale aiguë avec hyponatrémie sévère, de l'hypotension importante et de la survenue d'AVC multiples subis.

Un policier corrompu

Le coffre-fort volé a ensuite été confié au prévenu, à son garage, situé dans le Valais central. Lorsque ses deux complices sont revenus le trouver quelques jours plus tard, il leur a indiqué que l'objet était vide. Ses comparses se sont alors emportés, le prévenu les a calmés en leur donnant 1200 francs à chacun.

En 2020, le nom du prévenu est ensuite apparu dans une série d’arrestations, sur fond de trafic de drogue qui a révélé l’implication de deux garagistes du Valais central et d’un policier. Ce dernier a d'ailleurs écopé de 15 mois de prison avec sursis pour ces faits.

Des soirées libertines

Selon l'acte d'accusation, le prévenu a ainsi obtenu des informations sur des techniques de filatures, sur le brigandage de Crans-Montana, mais aussi sur le fait qu’ils étaient soupçonnés, avec son collègue, de s’adonner à du trafic de stupéfiants.

Toujours selon le Ministère public, les deux garagistes ont également régulièrement organisé des soirées libertines dans un chalet de luxe à Crans-Montana entre 2016 et 2019. De la cocaïne était mise à disposition des invités.

Aucun fait reconnu

Lors de sa comparution devant le TC, le prévenu avait nié avoir suggéré à deux tiers de voler un coffre-fort, de leur avoir montré les lieux en amont de leur passage à l'acte et de facto d'avoir encaissé le butin. «Je n'ai rien à voir avec cette histoire. Je n'ai jamais eu de problème avec la justice», avait-il souligné. En outre, le prévenu a précisé n'avoir pas demandé à son comptable de falsifier les comptes de son entreprise.

L'homme a également refusé de reconnaitre une quelconque corruption d'un agent de police. Le ressortissant kosovar s'est également dit étranger à la présence de cocaïne lors de soirées libertines.

«Terrain extrêmement glissant»

«Le brigandage, c'est le noyau dur de cette affaire», avait rappelé la procureure Liliane Bruttin Morrier lors de sa plaidoirie. «Il a entraîné le prévenu sur un terrain extrêmement glissant dans lequel il a fini par s'embourber, se fabriquant plusieurs alibis. C'est une véritable saga avec comme point d'orgue un policier ripou.»

Avocat du garagiste, Me Philippe Pralong avait plaidé l'acquittement, le doute et la présomption d'innocence devant jouer en faveur de son client. Il avait estimé que «mon client n'est pas un bandit de grand chemin.» En vain.

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