Depuis longtemps employés par la Confédération, les consultants externes mandatés par l’administration fédérale font aujourd’hui l’objet d’un vif débat politique. En 2024, la Confédération a dépensé 673 millions de francs pour des services et des conseillers externes. La part exacte consacrée uniquement aux mandats de conseil n’est toutefois pas connue. En 2021, elle s’élevait à 175 millions de francs, selon des chiffres antérieurs.
Ces montants passent mal auprès du conseiller national du Centre Thomas Rechsteiner (AI). «Pourquoi des consultants externes sont-ils préférés à des collaborateurs pourtant bien qualifiés de l’administration fédérale?», se demande l'élu dans une intervention. Il réclame davantage de transparence et une réelle vérité des coûts.
Son constat est sévère. «L'administration fédérale ne cesse de croître. Malgré cela, on dépense toujours plus d'argent pour des conseils et des services externes.» Dans son intervention, le politicien du Centre qualifie le secteur des consultants de «puits sans fond». Aujourd’hui, la Confédération compte près de 39'000 postes à plein temps.
«Une multitude de thèmes marginaux»
Thomas Rechsteiner demande désormais au Conseil fédéral de présenter dans un rapport les mandats que l'administration a attribués au cours des dix dernières années. Thomas Rechsteiner considère la Direction du développement et de la coopération comme la «championne de l'attribution de mandats externes».
Celle-ci «confie toujours des mandats externes à des ONG et des entreprises de conseil qui lui sont favorables pour une multitude de thèmes parfois marginaux». On ne sait pas encore si le Parlement approuvera l'intervention.
Régulièrement, les gros titres
Les contrats de conseil de la Confédération reviennent fréquemment dans l’actualité. Récemment, il est apparu que l'Etat avait mandaté le cabinet Kellerhals Carrard pour poursuivre de possibles fraudes liées au Covid-19. Environ 6000 plaintes pénales ont été déposées. La facture dépasse déjà les 66 millions de francs.
L'ancienne cheffe du DDPS Viola Amherd a également dépensé à plusieurs reprises de l'argent pour des conseils. D'anciens hauts fonctionnaires ou sa conseillère personnelle ont ainsi été employés sur mandat. Viola Amherd a également fait rédiger des expertises sur les prétendus prix fixes des avions de combat américains.
Quant au département des Affaires étrangères, il a employé Mario Gattiker, ancien secrétaire d'Etat à la migration, pour les négociations sur l'accord-cadre avec l'UE. Coût de l'opération: 70'000 francs.