Sans pelleteuses ou investissements de plusieurs milliards
Les CFF pourraient bientôt traverser la Suisse 43 minutes plus vite!

Depuis 1979, la durée du trajet de l'IC1 entre Genève et Saint-Gall ne s'est pratiquement pas améliorée. Selon un expert de l'EPFZ, des modifications opérationnelles pourraient toutefois permettre de gagner jusqu'à 43 minutes.
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Les CFF mettent pratiquement autant de temps pour parcourir le trajet Saint-Gall/Genève qu'en 1979.
Photo: Imago / dieBildmanufaktur
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Patrik Berger

Des milliards ont été investis dans le réseau ferroviaire, les trains et les équipements se sont modernisés – mais sur le principal axe est-ouest de la Suisse, la vitesse est pratiquement restée inchangée. Aujourd'hui, le trajet en IC1 de Saint-Gall à Genève dure 4 heures et 20 minutes. C'est presque autant qu’en 1979, d'après le journal «Schweiz am Wochenende».

Pourtant il est possible d'aller plus vite, estime Ulrich Weidmann, professeur à l'EPFZ. Dans une étude commandée par les directeurs cantonaux des transports publics et des travaux publics, il conclut que les CFF pourraient considérablement gagner en rapidité. Et ce, sans investir des milliards dans des lignes à grande vitesse. Rien qu’avec des mesures opérationnelles – c’est-à-dire sans le déploiement d'une seule pelleteuse –, il serait théoriquement possible de gagner jusqu’à 43 minutes sur la durée du trajet.

Un fort potentiel au niveau des horaires

Une vitesse plus élevée sur la nouvelle ligne Mattstetten–Rothrist pourrait permettre de gagner quatre minutes. Les technologies modernes de régulation et d’automatisation permettraient de gagner neuf minutes supplémentaires. Ulrich Weidmann voit un potentiel encore plus important pour les horaires. Des temps de trajet réduits et la suppression des attentes dues aux correspondances retardées pourraient permettre de gagner jusqu'à 19 minutes, calcule-t-il dans la «Schweiz am Wochenende».

On gagnerait onze minutes supplémentaires si l'IC1 était retiré du système de correspondance actuel. Aujourd'hui, par exemple, il reste à Zurich environ neuf minutes pour permettre aux passagers d'effectuer leurs correspondances.

Néanmoins, les CFF tempèrent ces attentes dans le journal. Des temps de trajet plus courts seraient certes «en principe souhaitables», mais une porte-parole met en garde: la cadence, les correspondances et la ponctualité ne doivent pas en pâtir. En effet, le nombre de trains en circulation est bien supérieur à celui d'il y a 40 ans, et ce réseau dense, avec ses correspondances garanties, a un coût.

Les CFF investissent un million par jour

Un coup d’œil à la région de Winterthour (ZH) montre clairement les défis que représente cette augmentation du trafic pour les chemins de fer. Les CFF ont récemment entamé l’élargissement de la ligne Zurich–Winterthour à quatre voies. Pour cela, les Chemins de fer fédéraux investissent chaque jour 1 million de francs – et ce, pendant dix ans. Cet élargissement devrait permettre d’augmenter le trafic ferroviaire de 30% et de réduire les temps de trajet.

Au cœur de ce projet de 3,3 milliards se trouve le tunnel de Brütten, long de neuf kilomètres, dont les deux tubes à voie unique permettront à l’avenir aux trains de filer à une vitesse pouvant atteindre 160 km/h. Ce nouveau tunnel devrait permettre de réduire la durée du trajet de 8 minutes. Parallèlement, les gares de Winterthour-Töss, Wallisellen (ZH), Dietlikon (ZH) et Bassersdorf (ZH) seront agrandies. A l’issue des travaux, 900 trains supplémentaires pourront circuler sur cette ligne.

Les CFF ont également massivement investi dans la région de Bâle. Fin 2025, la gare de Liestal (BL) a été agrandie – pour un coût de 380 millions de francs. Cela a permis d’augmenter les capacités tant pour le transport de voyageurs que pour le transport de marchandises. Dans la région de Berne, plusieurs grands projets sont actuellement en cours pour augmenter les capacités, notamment à Berne-Ouest ou à Wankdorf-Sud.

Cela démontre que la simple augmentation de la vitesse et la réduction des temps de trajet, préconisées par l'expert Ulrich Weidmann, ne suffisent pas.

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