En bref
- La suppression de la 1re classe sur le réseau ZVV pourrait entraîner jusqu’à 80 millions de francs de pertes annuelles.
- Le gain serait limité: supprimer la 1re classe ne permettrait d’ajouter que 28 places assises par rame.
- Face à ces coûts et au risque de voir des voyageurs se tourner vers un transport individuel, les CFF et la ZVV revoient leur projet «S-Bahn 2G», dont la mise en œuvre prend du retard.
A Zurich, le réseau ferroviaire régional (S-Bahn) figure parmi les plus importants de Suisse. Et il devrait encore s'étendre: les CFF et le réseau de transports publics zurichois (ZVV) travaillent actuellement sur le projet «S-Bahn 2G». L'objectif est de «doubler à long terme les capacités du réseau ferroviaire zurichois». Concrètement, le réseau serait organisé autour des lignes de S-Bahn «régionales» desservant toutes les gares, et des lignes «express» plus rapides, destinées aux trajets plus longs.
A l’origine, le projet prévoyait également de faire circuler uniquement des rames à un seul niveau et sans 1ère classe sur les lignes de S-Bahn régionales. Cela devait notamment permettre de fluidifier la montée et la descente des voyageurs.
Mais la suppression de la 1ère classe pourrait coûter cher. C'est ce qui ressort de la réponse du Conseil d'Etat zurichois à une question des députés cantonaux Felix Hoesch (PS) et Daniel Sommer (Parti évangélique, PEV). La « NZZ » a été la première à rapporter cette information.
Jusqu'à 80 millions de francs de perte
Selon les calculs du gouvernement zurichois, une suppression de la 1ère classe sur l’ensemble du réseau ZVV entraînerait d’importantes pertes financières. Sur la base des recettes de 2025, le manque à gagner serait d’environ 30 millions de francs par an si les voyageurs concernés se reportaient tous sur la 2e classe.
La perte serait encore plus importante si ces voyageurs renonçaient complètement aux transports publics. Elle atteindrait alors environ 80 millions de francs, soit près de 17 % des recettes générées par la 1ère classe dans les trains.
C’est pourtant ce scénario que le gouvernement juge le plus réaliste. A ses yeux, une chose est claire: «L’offre en 1ère classe s’adresse à des personnes ayant des exigences accrues en matière de confort». De nombreux voyageurs paieraient notamment ce supplément pour avoir davantage de chances de trouver une place assise aux heures de pointe, souligne-t-il.
Le Conseil d’Etat zurichois met alors en garde contre un «recours accru au transport individuel motorisé». Si la 1ère classe venait à disparaître, une partie des voyageurs concernés pourrait en effet se tourner vers la voiture. Pour compenser ce manque à gagner, il faudrait alors, selon le scénario envisagé, entre 10 et 26 millions de trajets supplémentaires en 2e classe chaque année.
Un gain en places assises minime
Le risque financier se chiffre en millions de francs, pour un gain de places finalement assez limité. Une rame de 150 mètres de long de la troisième génération actuellement en service compte 535 places assises, dont 120 en 1ère classe. En supprimant cette dernière et en installant des sièges aussi rapprochés qu’en 2e classe, on ne gagnerait que 28 places assises supplémentaires, soit à peine 5 % de capacité en plus.
Dans ces conditions, la suppression pure et simple de la 1ère classe semble désormais très improbable. Les CFF et la ZVV sont d’ailleurs en train de revoir leur concept. Le projet «S-Bahn 2G» prend du retard et ne devrait pas être pleinement déployé avant la seconde moitié du siècle.