Depuis l’automne dernier, la nouvelle ambassadrice des Etats-Unis, Callista Gingrich, sillonne la Suisse aux côtés de son mari Newt. Visite d'une fromagerie dans l'Emmental, promenade le long du lac de Lugano, ou encore participation à une présentation des installations d'Ems-Chemie par Magdalena Martullo-Blocher.
Mais que l'on ne s'y trompe pas: les Gingrich passent l’essentiel de leur temps au cœur de la représentation américaine à Berne. Et d’importants changements s’y préparent: l’ambassade doit être transformée. L’annonce avait déjà suscité l’inquiétude du voisinage l’an dernier. On connaît désormais le montant prévu pour les travaux, et il est loin d'être anodin. L’administration Trump entend investir 36 millions de dollars dans le bâtiment. Ce montant ressort d’une base de données publique que Blick a pu consulter.
Plans accueilli avec réserve
Le projet prévoit la construction d’un pavillon d’accès, le remplacement de l’éclairage extérieur et de plusieurs dispositifs techniques de sécurité, ainsi qu’un renforcement des clôtures de sécurité. Selon la demande de permis, le poste de garde situé dans la rue doit également être agrandi.
Ces plans ont été accueillis avec réserve par les habitants du quartier. Au printemps dernier, une riveraine a adressé un courriel virulent à l’ambassade américaine. Aucune opposition formelle n’a toutefois été déposée, indique la Ville de Berne. Le permis de construire a finalement été délivré en août 2025.
Le début des travaux était prévu pour le début de cette année. Or, le chantier n’a pas encore démarré. Contactée par Blick, l’ambassade des Etats-Unis ne commente ni le calendrier ni le coût du projet. Elle se contente d’indiquer que «le projet se trouve actuellement en phase de planification».
La Slovaquie plutôt que la Suisse
Pour mener à bien ces travaux, les Etats-Unis ont décidé de la jouer locale. C'est donc l'entreprise Futron Inc., basée dans l’Etat de Virginie, qui s'est vue attribuer le contrat.
Mais lors de l’enregistrement du projet dans une base de données publique, une erreur s'est glissée: la «Slovaquie» a en effet été mentionnée comme lieu des travaux en lieu et place... de la Suisse. Le département compétent n’a pas souhaité préciser l’origine de cette confusion. Une demande adressée à la Maison-Blanche est restée sans réponse.
Ambassades toujours plus surveillées
De manière générale, les mesures de sécurité autour des représentations diplomatiques en Suisse se sont renforcées ces dernières années. Des accords internationaux obligent la Confédération et les cantons à assurer la protection de toutes les ambassades du pays.
L’invasion russe de l’Ukraine et le conflit au Moyen-Orient ont accru les besoins de sécurité de nombreuses missions étrangères, mettant les forces de l’ordre sous pression. En septembre dernier, la police cantonale bernoise indiquait que la protection des ambassades mobilisait toujours davantage de ressources et que ses effectifs étaient «fortement sollicités».
Les ambassades de Russie et d’Ukraine figurent notamment parmi les sites sensibles, tout comme celles d’Israël et de plusieurs pays arabes. L’ambassade d’Iran a, elle aussi, été le théâtre de plusieurs manifestations ces derniers mois. L’ambassade des Etats-Unis, de son côté, bénéficie traditionnellement d’un dispositif de sécurité conséquent. «On peut sans exagérer dire qu’elle est mieux protégée que le Palais fédéral», avait confié un policier à Blick.