Gare aux «whoumpfs»!
Les fissures du manteau neigeux se propagent trop vite

Les fissures dans le manteau neigeux se propagent jusqu'à 130 m/s, bien plus vite qu'imaginé, révèle une étude du WSL à Davos. Ce phénomène pourrait accroître l'ampleur des avalanches, avertissent les chercheurs.
Les fissures dans le manteau neigeux se propagent bien plus vite qu'imaginé, ce qui pourrait accroître l'ampleur des avalanches.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Les fissures dans le manteau neigeux, qui peuvent provoquer des avalanches si elles surviennent dans une zone pentue, se propagent plus rapidement que ce que l'on pensait jusqu'à présent. Leurs vitesses peuvent dépasser 100 mètres par seconde, indiquent des expériences menées à Davos par l'institut fédéral de recherches WSL.

Dans un lieu situé non loin de Davos, Bastian Bergfeld, scientifique au WSL, est parvenu à déclencher des avalanches de façon ciblée et à les filmer. Il a pu constater qu'au début, les fissures des couches fragiles de neige se fracturaient lentement, mais qu'au bout de cinq à six mètres, le phénomène s'emballait.

La vitesse de propagation des fissures pouvait alors monter jusqu'à 130 mètres par seconde, soit plus que le maximum de 80 mètres par seconde qui était envisagé par la théorie. La pesanteur est sans doute à l'origine de l'accélération observée, relève le WSL dans un communiqué publié mercredi. Des recherches supplémentaires devront être faites pour confirmer ces résultats. Lors des expériences menées à Davos, le départ des avalanches était contrôlé, ce qui n'est pas le cas sur le terrain où chaque pente à ses particularités.

Gare aux «whoumpfs»!

«Nous ne savons pas encore si cette rapidité de propagation des fissures est fréquente dans la nature, ni le rôle que jouent les propriétés du manteau neigeux dans ce processus», explique M. Bergfeld, cité dans le communiqué. Ces travaux du WSL pourraient permettre de mieux évaluer les tailles des avalanches qui seraient susceptibles de se déclencher. «La vitesse de propagation d'une fissure dans les couches fragiles détermine notamment l'ampleur de l'avalanche», souligne en effet l'institut de recherche.

Actuellement, le risque d'avalanche est très élevé. Le WSL annonce avoir reçu depuis le 10 janvier des centaines de signalements de «whoumpfs» et de déclenchements à distance. Le mot «whoumpf» est une onomatopée qui imite le son caractéristique qu'émet le manteau neigeux lorsqu'il se rompt. Pour les adeptes des sports d'hiver, il est un signal de danger.

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