Aveu de faiblesse à Berne
Les programmes les plus importants du DDPS sont à la traine

Les projets clés du DDPS, comme Air2030, peinent à avancer, révèle le département. L'achat des F-35 et du système Patriot font face à d'importants retards, suscitant de vives inquiétudes.
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Depuis 202, le département de la défense est dirigé par Martin Pfister.
Photo: Keystone
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ATS Agence télégraphique suisse

Plusieurs programmes importants du Département fédéral de la défense (DDPS), notamment Air2030, sont dans le rouge et observent des retards. Leur évolution n'est pas satisfaisante, a informé jeudi le département.

Il y a un an, la Délégation des finances du Parlement avait déjà sonné l'alarme. Dans une lettre à l'ancienne ministre de la défense, Viola Amherd, elle listait sept grands projets de l'armée et de l'informatique qui représentaient des problèmes et des risques massifs. Les coûts totaux étaient estimés à 19 milliards de francs.

Lors de son élection, son successeur Martin Pfister avait promis de remettre ces projets sur les rails. Dans un document présenté jeudi par le DDPS, les projets sont classés du vert au rouge. Certains de ces problèmes sont déjà connus, notamment concernant les nouveaux jets de combat.

Plusieurs projets majeurs dans le rouge

Robert Scheidegger, secrétaire général adjoint du DDPS a déclaré devant les médias: «Je ne veux pas enjoliver les choses: je ne suis pas satisfait de la situation dans son ensemble.» De nombreux petits projets ne posent aucun problème. Mais plusieurs grands projets suscitent toutefois des inquiétudes.

L'achat des nouveaux jets de combat F-35, l'acquisition du système de défense Patriot et le remplacement du système de surveillance de l'espace aérien Florako, désormais obsolète, sont classés dans le rouge, selon le rapport trimestriel de la Confédération. Selon le DDPS, cela signifie qu'ils ne sont pas en bonne voie.

L'unité administrative compétente ne dispose ni des compétences ni des moyens nécessaires pour remettre le projet sur les rails dans un délai raisonnable. Les causes sont en partie historiques, a précisé Robert Scheidegger. «Nous ne pouvons pas effacer certaines erreurs commises il y a cinq ans.» Et de parler de «péchés originels». Les plus grandes lacunes sont apparues dans la conception des projets. Le DDPS en a pris conscience.

«Situation déplaisante»

De nombreux problèmes sont déjà connus du public. Dans le cas du F-35, il s'agit des coûts supplémentaires, dont le montant n'est pas encore connu. Les Etats-Unis font valoir des coûts supplémentaires liés au renchérissement, à l'évolution des prix des matières premières et à d'autres facteurs.

L'achat du système Patriot prend également du retard. La Suisse n'est plus prioritaire pour la livraison. Les Etats-Unis ont fait passer l'Ukraine devant. «Nous ne disposons d'aucune information fiable quant à ce que nous obtiendrons, quand et à quelles conditions», a déclaré Robert Scheidegger. La Suisse n'est «pas la première adresse» et est souvent perçue comme une opportuniste.

La solution au problème «ne dépend pas de nous». C'est «une situation déplaisante», a déclaré Robert Scheidegger. Le Conseil fédéral n'a encore pris aucune décision de principe concernant les alternatives possibles au système Patriot.

Des fonctionnalités abandonnées?

Marco Forrer, responsable depuis le 1er avril 2025 du programme de renouvellement des moyens de protection de l'espace aérien Air2030, a toutefois également mis en cause la responsabilité de l'administration. Lors du remplacement du système de conduite Florako, par exemple, la complexité du projet avait été sous-estimée.

Il s'est avéré que, sans contre-mesures, les besoins en personnel et en temps seraient nettement plus importants, selon le rapport écrit. «Tirer le meilleur parti de ce qui est réaliste et faisable»: tel est désormais le credo de Marco Forrer. Dans le cas du remplacement de Florako, cela signifie renoncer à certaines fonctionnalités si nécessaire. Une douzaine de collaborateurs supplémentaires du DDPS vont désormais travailler sur le projet afin de le faire avancer.

Prix définitif des avions de combat en attente

Robert Scheidegger estime que davantage d'argent ne résoudra pas les problèmes. Il s'agit plutôt de «mettre les projets sur les rails et de tirer le meilleur parti du cadre financier existant». Ce que cela signifie concrètement pour l'acquisition des avions de combat F-35 reste encore à déterminer. «Nous n'avons pas les moyens financiers d'acheter 36 avions», a rappelé Robert Scheidegger. Le Conseil fédéral a donc deux options: acheter moins d'avions ou demander un crédit supplémentaire.

Le montant de ce crédit reste toutefois incertain. Jusqu'à présent, la Suisse n'a négocié un prix ferme que pour huit des 36 avions, ont déclaré plusieurs experts lors de la conférence de presse. Les prix des autres créneaux de production seront fixés au plus tard début 2027. Ce n'est qu'à ce moment-là que l'on saura combien d'avions pourront être achetés avec les six milliards de francs approuvés par le peuple.

Avec un crédit supplémentaire de 1,3 milliard de francs, tous les risques seraient couverts dans la situation actuelle, a ajouté Robert Scheidegger. Il s'agit toutefois d'une décision politique qui doit être prise par le Conseil fédéral, le Parlement et, le cas échéant, le peuple. Le ministre de la défense Martin Pfister a annoncé que des décisions seraient prises à ce sujet dans les prochains mois.

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