«Le Conseil fédéral considère la diversité comme une chance», assure-t-il. Voilà pourquoi il promeut une véritable culture de l’inclusion au sein de l’armée. En effet, l’armée suisse examine actuellement des solutions pour accueillir un plus grand nombre de personnes en situation de handicap, plus particulièrement celles qui souhaiteraient faire leur service militaire mais qui n’en ont pas encore le droit.
Avec cette démarche, le Conseil fédéral répond à une demande du conseiller national socialiste Islam Alijaj. Certes, les personnes en situation de handicap peuvent déjà servir dans l’armée. Mais, selon Islam Alijaj, les obstacles restent beaucoup trop nombreux. «Le contrôle strict de l’aptitude exclut de nombreuses personnes handicapées. C’est discriminatoire!» Pour lui, la conclusion est claire: «Il faut davantage de soldats handicapés.»
Un grand potentiel pour servir l'armée
Selon lui, les aptitudes des personnes en situation de handicap pourraient être très utiles à l’armée. «Les guerres futures ne seront pas menées sur le champ de bataille, mais devant l’ordinateur, affirme Islam Alijaj. Dans le domaine de la cybersécurité en particulier, de nombreuses personnes en situation de handicap disposent de compétences suffisantes pour pouvoir réellement soutenir l’armée.»
Toutefois, leur service devrait rester volontaire, souligne Islam Alijaj. «Mais ceux qui le veulent et le peuvent doivent pouvoir trouver leur place dans l’armée.» La Cour européenne des droits de l’Homme a déjà condamné la Suisse à ce sujet en 2021. Depuis lors, l’armée doit laisser le choix à toutes les personnes porteuses d’un handicap léger d'effectuer un service de remplacement ou de remplir une fonction adaptée.
Service dans des fonctions particulières
Depuis 2013, les citoyens déclarés inaptes au service ont déjà la possibilité d’effectuer un service militaire dans des conditions spéciales sur demande et d’être ainsi exonérés de la taxe d’exemption de l’obligation de servir, rappelle le Conseil fédéral. Il s’agit par exemple de citoyens dont le degré d’invalidité est inférieur à 40%.
Ce service est accompli dans des fonctions particulières, par exemple au sein de l’administration militaire ou dans un centre logistique de l’armée. En revanche, les personnes présentant un degré d’invalidité supérieur à 40% ne peuvent pas effectuer de service militaire, même sous conditions spéciales.
Mais cela pourrait évoluer. Le Conseil fédéral souligne que des efforts supplémentaires seront entrepris afin de permettre au plus grand nombre possible d’accomplir le service militaire. L’armée étudie ainsi la possibilité d'inclure davantage de personnes en situation de handicap. Les premiers résultats du projet en cours sont attendus dans le courant de l’année.