Enfance, scolarité, repli sur lui-même
Voici ce que l'on sait à ce jour sur la vie du tireur présumé de la rave d'Aarau

Qui est l'assaillant suspecté d'avoir tué une femme et blessé six personnes à Aarau? De son enfance dans le canton du Jura à son repli sur soi, Blick retrace le parcours du tireur présumé.
1/6
C'est ici, à Montsevelier, que l'auteur présumé de la fusillade d'Aarau, a vécu ces derniers temps.
Photo: Beat Michel

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Originaire de Montsevelier (JU), un homme aurait ouvert le feu le 30 août 2026 lors d'une rave à Aarau, tuant une femme et blessant six personnes. Il s'est rendu à la police de Delémont le 31 août après l'attaque, refusant de s'exprimer sur les faits.
  • Décrit comme reclus et diagnostiqué schizophrène dans sa jeunesse, l'auteur présumé avait acheté légalement une Kalachnikov et deux pistolets entre 2005 et 2006. Ses parents ignoraient qu'il possédait ces armes.
  • Lors de l'attaque, le suspect aurait tiré environ 40 coups avec sa Kalachnikov sur des fêtards à l'hippodrome d'Aarau, puis tiré au pistolet sur une voiture en fuite. Toutes les victimes ont été choisies au hasard.
BlickMitarbeiter42.jpg
Daniel Jung

Un assaillant a ouvert le feu le 30 août lors d'une rave à Aarau, tuant une femme et blessant six autres personnes. Originaire de Montsevelier (JU), le tireur présumé menait une vie recluse. Blick revient sur ce que l'on sait à ce jour du parcours de ce citoyen suisse.

1983: la naissance et l'enfance à Corban

Le suspect a grandi à Corban, un village situé dans la région du Haut Val-Terbi, dans le canton du Jura. Ses parents sont originaires de Moutier (JU). Un ancien enseignant interrogé par la «SonntagsZeitung» décrit la famille tout à fait «normale.»

Années 1990: la scolarité

Le Jurassien a fréquenté l'école secondaire de la région. Son professeur de l'époque, Vincent Eschmann, se souvient d'un bon élève, réservé et aimable, mais pas particulièrement isolé. Aujourd'hui, un élément frappe surtout: parmi ceux qui l'ont connu à l'époque, presque seuls ses anciens enseignants se souviennent encore de lui.

Vers 2000: un apprentissage de boucher

Après sa scolarité, il entame un apprentissage de boucher. Il enchaîne ensuite les emplois, sans jamais rester longtemps au même poste.

2005–2006: l'achat de plusieurs armes

Selon la police cantonale d'Argovie, le suspect a acheté à l'âge de 23 ans deux pistolets ainsi qu'un fusil d'assaut semi-automatique de type AKS-74, plus communément appelé Kalachnikov. Les trois armes ont été achetées légalement et dûment enregistrées.

Lors de la conférence de presse, la police a indiqué que le tireur était en possession d'un fusil d'assaut AKS-74.
Photo: keystone-sda.ch

Avec la législation actuelle sur les armes, l'acquisition d'un AK-74 ne serait plus possible. Ses parents, eux, n'en savaient rien. Son père affirme dans une interview au «Quotidien Jurassien» qu'ils n'auraient jamais imaginé que leur fils possédait un tel arsenal.

Au milieu des années 2000: repli sur soi et diagnostic de schizophrénie

Dans la vingtaine, le jeune homme se renferme de plus en plus sur lui-même. Selon son père, il développe alors une forme de paranoïa, avant qu'une schizophrénie ne lui soit diagnostiquée.

2007: trois semaines à l'hôpital

Il est hospitalisé dans un établissement psychiatrique à Delémont, «parce qu'il ne supportait plus d'être parmi les gens», explique son père au «Quotidien Jurassien». Il y reste trois semaines, un séjour qui l'aurait traumatisé.

Par la suite, il n'occupe plus d'emploi fixe et perçoit une rente AI complète. Son traitement médicamenteux est progressivement réduit, avant d'être finalement arrêté. Depuis longtemps, le jeune suisse ne suit plus aucun traitement médical, une situation qui inquiètait ses parents.

2013: formation de cuisinier militaire

Lors de la conférence de presse de mercredi, les autorités argoviennes ont indiqué que le tireur présumé avait suivi une formation de cuisinier militaire en 2013, avant de quitter l'armée la même année et de rendre son arme de service. Son père affirme toutefois que son fils n'a jamais effectué son service militaire. Interrogé par la «SonntagsZeitung», le parquet a confirmé que les informations communiquées par les autorités étaient exactes. Une chose est certaine: en 2013, le suspect avait déjà entre 29 et 30 ans.

2023 ou 2024: départ du domicile familial

L'assaillant présumé vit toujours chez ses parents à l'âge adulte. Ceux-ci se mettent alors en quête d'un appartement pour lui, au rez-de-chaussée d'une ancienne boulangerie réaménagée à Montsevelier (JU), à trois kilomètres de Corban. Dans le village, il reste «un fantôme». 

Le suspect vivait dans cet appartement, où il entretenait très peu de relations avec ses voisins.
Photo: Capture d'écran

Les rideaux de son appartement sont presque toujours tirés. Il échange à peine quelques mots avec ses voisins, n'adhère pas au club de tir et ne laisse aucune trace sur Internet, pas même une photo. C'est sa mère qui vient lui faire la lessive.

Samedi 29 août 2026: la veille du drame

Les parents souhaitent retrouver leur fils en Italie pour y passer quelques jours de vacances ensemble. Mais la veille des faits, celui-ci leur écrit. Ils pensent alors qu'il s'y est rendu avec son minibus blanc. Un peu plus tard, il envoie un message à sa mère pour lui dire qu'il est bien arrivé. En réalité, ses parents ignorent où il se trouve.

Dimanche 30 août 2026: l'attaque

Dans la nuit de samedi à dimanche, il se rend à Aarau. Il poursuit ensuite son chemin à pied et, selon la police, tire une quarantaine de fois avec sa kalachnikov en direction des fêtards présents à l'hippodrome. 

Sur le chemin du retour, il tire également avec un pistolet sur une voiture qui s'éloigne. Maria S.* meurt et six autres personnes sont blessées. Selon la police, les victimes ont été choisies au hasard. Le suspect n'a par ailleurs aucun lien connu avec le canton d'Argovie.

Lundi 31 août 2026: il se rend à la police de Delémont

Peu après 1h du matin, le tireur se présente au poste de police de Delémont. Dans la matinée, les agents perquisitionnent son appartement ainsi que le domicile de ses parents. Lors de son premier interrogatoire, il refuse de s'exprimer sur les faits. Ce dernier n'avait aucun antécédent judiciaire.

*Noms connus de la rédaction 

Articles les plus lus