Un nouveau départ
Loïc Meillard, un champion qui a changé de vie

Depuis son dernier hiver exceptionnel, Loïc Meillard a connu plusieurs changements importants dans sa vie. Juste avant l’ouverture de la saison, le skieur valaisan d'origine neuchâteloise a reçu Blick dans un lieu où il se sent particulièrement bien.
1/5
Loïc Meillard dans les vignes de la maison Gilliard.
Photo: Sven Thomann
20398918 AuthorPlaceholder.png
Marcel W. Perren

Certains voient en Loïc Meillard un perfectionniste froid et détaché. Le Valaisan aux racines neuchâteloises, aujourd'hui âgé de 29 ans, est effectivement exigeant envers lui-même. Mais quiconque passe un après-midi en sa compagnie dans les vignes de la Maison Gilliard, au-dessus de Sion, découvre un homme bien loin de cette image.

Ici, Loïc Meillard se montre sous un autre jour: celui d’un épicurien qui aime rire, savourer une raclette et l’accompagner d’un verre de vin blanc. Depuis plusieurs années, il est ambassadeur de la cave valaisanne. «À la maison, j’ai aussi un kit de dégustation qui me permet d’apprendre à reconnaître les différents arômes du vin. Malheureusement, j’ai toujours le nez un peu bouché. Je doute donc de pouvoir un jour suivre une formation de sommelier.»

Sa fille a changé sa vision des choses

L’hiver dernier, près d’un an après son titre mondial en slalom, Loïc Meillard a décroché l’or olympique dans la même discipline. De quoi aborder la nouvelle saison avec davantage de sérénité? Pas vraiment. «Quand tu te retrouves au départ d’une course, peu importe ce que tu as gagné auparavant. Tu dois toujours être performant. Mais mes médailles d’or olympique et mondiale m’ont confirmé que j’étais capable de répondre présent dans les grandes compétitions. Cela m’apporte énormément de confiance et m’aide à mieux gérer le stress.»

Fin mai, le skieur et son épouse Zoé sont devenus parents d’une petite fille. Une nouvelle étape qui pourrait aussi changer son rapport aux déceptions sportives. «Il est fort probable qu’à l’avenir, grâce à elle, je parvienne à surmonter plus rapidement les déceptions. Quand je regarde ma fille, même un sportif aussi ambitieux que moi comprend qu’il existe des choses bien plus importantes dans la vie qu’une victoire en ski», confie le jeune papa.

À Sölden, il veut conjurer le mauvais sort

Ces dernières années, Loïc Meillard a rarement quitté Sölden avec le sourire. Sur le glacier du Rettenbach, où se dispute traditionnellement le premier géant de la saison, le technicien n’a encore jamais réussi à monter sur le podium. L’an dernier, il avait dû se contenter de la 14e place.

«Loïc préfère clairement les pistes qui offrent davantage de variations de terrain et de changements de rythme. Ce n’est pas vraiment le cas à Sölden», explique son entraîneur, Matteo Joris.

Ce dernier croit néanmoins son protégé capable de conjurer le mauvais sort dès dimanche prochain. Il avance notamment un argument: «La préparation s’est nettement mieux déroulée que l’année dernière, lorsque Loïc avait perdu de nombreux jours d’entraînement à cause de problèmes au dos.»

Autre motif de satisfaction: l’équipe a pu découvrir la piste de course de Sölden pour la première fois le week-end dernier. «Loïc a toujours mieux trouvé son rythme au fil de ces deux journées», relève Joris.

Un nouveau technicien après dix ans

Au printemps dernier, un autre changement important est intervenu dans l’entourage du skieur. Après dix années de collaboration, le technicien suédois Niclas Cronsell a quitté l’équipe de Loïc Meillard. Il prépare désormais les skis Head du Norvégien Henrik Kristoffersen. Le Valaisan travaille aujourd’hui avec le Français Paul Delberghe.

La séparation s’est faite d’un commun accord, assure Loïc Meillard: «Après une collaboration aussi longue, il était temps pour nous deux de relever un nouveau défi.»

Pour Matteo Joris, ce changement pourrait notamment améliorer les échanges autour du matériel. «Je n’ai jamais connu de meilleur technicien que Niclas pour le travail à l’atelier de fartage. Mais il était très introverti et parlait peu du matériel avec Loïc. Je vois donc ce changement comme une opportunité, même si son nouveau technicien est moins expérimenté.»

«Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose pour le ski»

Installé à Hérémence depuis son enfance, Loïc Meillard disputera presque à la maison les prochains Championnats du monde, prévus en février à Crans-Montana. Son domicile se trouve à moins de 35 kilomètres des pistes valaisannes.

Le skieur, diplômé d’une école de commerce, se montre en revanche sceptique face au projet de la FIS d’organiser les Championnats du monde chaque année. «Je ne suis pas sûr que cela apporte une plus-value au ski.»

Il défend plutôt une autre idée pour mieux mettre en valeur les champions du monde en titre. «En cyclisme, le champion du monde porte le maillot arc-en-ciel. Je serais favorable à l’introduction d’un système similaire en ski. Les champions du monde devraient prendre le départ avec un numéro distinctif, afin que leur titre soit davantage mis en valeur.»

Articles les plus lus