Et le calendrier est compliqué
De la naïveté, un manque d'idées et des sifflets: la soirée noire du Servette FC

Le match nul du Servette FC face à Lucerne est une contre-performance qui n'incite pas à l'optimisme, malgré le discours positif de Jocelyn Gourvennec. Le mercato offensif va-t-il tout régler pour le SFC? Si oui, après quel temps d'adaptation?
Timothé Cognat a été l'un des seuls Servettiens à surnager samedi. Mais lui non plus n'a pas pu aider les Grenat à prendre trois points.
Photo: keystone-sda.ch
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Servette a bien essayé de briser la défense du FC Lucerne ce samedi et les Grenat ont tout tenté: plutôt par du petit jeu dans l'axe en fin de première période, puis majoritairement par les ailes en deuxième. Mais rien n'y a fait. Trop lents, trop maladroits, trop peu inspirés, les Genevois n'ont en réalité pas proposé grand chose pour faire plier les Lucernois, lesquels, réduits à dix, auraient même pu aller chercher la victoire, laquelle aurait été une catastrophe pour le SFC. Score final 1-1. 

Jocelyn Gourvennec positive

«On a fait plus de bonnes choses que de mauvaises», a tenté de positiver Jocelyn Gourvennec. «On a bien commencé, mais on a manqué d'attention sur le but lucernois, on s'est fait piéger. On a ultra-dominé le match et Lucerne a défendu son but de manière incroyable. C'est un peu un reflet de notre début de saison, on n'a pas été assez tranchants.»

Un discours bienveillant et protecteur pour ses joueurs, et peut-être pour lui-même, mais il existe une autre lecture, que le technicien accepte en partie. «On peut dire qu'on a été maladroits, qu'on n'a pas fait les bons choix. Notre prestation est un mélange d'un peu tout ça.» Comme toujours dans le football, la cause d'un résultat n'est pas unique. 

Mais le mot «contre-performance» peut être utilisé pour décrire ce match nul, ce que reconnaît Timothé Cognat. «À domicile, est-ce qu'il y a réellement de bons matches nuls? Je ne pense pas. Mais c'est vrai que ce soir, on aurait dû gagner», a admis le milieu de terrain.

Les sifflets des fans? «On ne peut pas leur en vouloir»

Ce match nul, obtenu alors que Servette menait 1-0 et jouait à onze contre dix depuis la 30e minute, n'est ni une bonne affaire sur le plan comptable, ni une bonne opération sur le plan de l'image tant le contenu a été poussif. Une partie du public a sifflé les joueurs, mais il y a fort à parier que le mécontentement du peuple grenat s'étend ce dimanche aussi bien vers le staff technique de Jocelyn Gourvennec que vers la direction de manière générale. 

«On ne peut pas leur en vouloir. C'est leur cœur qui parle, leur envie de nous voir gagner ce match aussi. On ne peut que les comprendre. Après, quand tu es sur le terrain, c'est une autre histoire», répond Timothé Cognat.

Le fait est que Servette est ambitieux cette saison et assume son objectif d'être européen, ce qui ne transparait pas vraiment sur le terrain, où rien n'est fluide, ou pas grand chose. Et où le SFC se fait punir par naïveté, ce qui est particulièrement étonnant au vu de l'expérience et de la cohésion de sa défense et de son milieu de terrain. Face à Bâle, la rencontre tourne sur un penalty largement évitable. A Zurich, les buts sont eux aussi un peu malheureux, pour rester poli. Et contre GC, heureusement, les choses ont mieux tourné.

Un contre lucernois horrible à revoir pour le SFC

Le but encaissé ce samedi face à Lucerne est ainsi particulièrement inquiétant pour une équipe qui assume de viser haut. Les Genevois se sont retrouvés à neuf dans la surface lucernoise et l'erreur technique de Miroslav Stevanovic, des mots qui ne vont normalement pas ensemble, a complètement déstabilisé le SFC. Le contre lucernois est parti, personne ne l'a coupé, et Andrejs Ciganiks a marqué ce but du 1-1 sous les yeux d'un kop genevois incrédule. Comment se faire contrer à la 30e minute lorsqu'on mène au score, que l'on dispose d'un corner et que l'on joue avec un homme de plus?

«On est mal positionnés, c'est sûr. On n'est pas du tout équilibrés et on doit pouvoir couper l'action. Dans le jeu, on a plutôt bien négocié ces situations de contre, mais pas là», grinçait Jocelyn Gourvennec. «Ce n'est pas la première fois qu'on prend une transition et, aujourd'hui, on l'a payé cash», a enchaîné Timothé Cognat. Son analyse de cette action horrible à revoir à la vidéo? «C'est une suite de mauvais choix.» Qui coûte cher.

Lilian Njoh et le Servette FC doivent rebondir très vite.
Photo: Martin Meienberger/freshfocus

Cette égalisation n'aurait en effet pu n'être qu'une anecdote ou un axe de progression, si Servette avait gagné. Mais les Genevois n'ont pas su marquer ce deuxième but, plombés par une attaque largement insuffisante. Aucun joueur offensif ne pouvait en effet prétendre après le match de manière objective avoir réussi son match.

Tiemoko Ouattara? De bonnes intentions au départ, avant de s'éteindre progressivement et de multiplier les mauvais choix.

Miroslav Stevanovic? Effacé sur le côté droit et même son but ne vient pas le sauver, puisqu'il résulte d'une boulette de Karlo Letica plutôt que d'une inspiration géniale de sa part, puisque le jeu commandait un centre à ras de terre plutôt au lieu de la frappe.

Samuel Mraz maladroit du début à la fin

Samuel Mraz? Inexistant en pointe et terriblement maladroit, à l'image de la toute dernière action, celle qui aurait pu tout changer à la 94e. Lui, si clinique devant le but d'habitude, a complètement foiré sa reprise et Servette n'a plus eu «que les yeux pour pleurer», pour reprendre les mots exacts de Jocelyn Gourvennec en conférence de presse.

Mais le Slovaque, pour prendre son exemple, a-t-il réellement été placé dans de bonnes conditions psychologiques ces derniers mois, lui qui n'a jamais été considéré comme un titulaire et se retrouve propulsé en première ligne à la suite du départ soudain de son concurrent Florian Ayé?

Si les trois joueurs offensifs sont passés à côté de leur match, ils n'ont pas été aidés par les impulsions venues du milieu. Si Timothé Cognat n'est pas à blâmer et que lui au moins a essayé de donner du rythme, Servette a trop peu joué vers l'avant. «On a 90% de réussite dans les passes, ce qui est énorme. Cela veut dire aussi qu'on n'a pas précipité, qu'on a bien préparé nos actions. Mais on a mal fini», a nuancé Jocelyn Gourvennec. Mais justement: Servette a été bien trop scolaire dans ses transmissions, bien trop prévisible.

Des renforts offensifs très attendus

Jamais Lucerne n'a été déséquilibré et il faut là livrer une circonstance atténuante de premier ordre à ce SFC bien stérile: il lui manquait des joueurs capables d'amener de la percussion, que ce soit Thomas Lopes (avec les M21 en reprise) et Mathis Lambourde. Junior Kadile n'est plus là et il faut apprendre à vivre sans lui, mais ce samedi le banc du SFC était bien peu fourni, ce qui est un fait.

Les trois recrues offensives attendues apporteront-elles cette verve offensive qui a manqué ce samedi? Jocelyn Gourvennec ne s'en est pas caché, il en a besoin. «J'ai hâte que la fenêtre de mercato se termine pour avoir l'entier de mon groupe à disposition et pouvoir nous concentrer sur l'objectif collectif. Etre dans l'incertitude, avec des départs et des arrivées, n'aide pas à stabiliser le travail. Et oui, j'espère que les apports que l'on va avoir nous apporteront plus de tranchant, qui nous manque depuis le début de la saison», a-t-il commenté à ce sujet.

Toute la complexité de la tâche de l'entraîneur du SFC sera désormais d'intégrer rapidement ces recrues offensives, alors que le championnat a déjà commencé et que chaque point compte dans l'optique du top 6, comme l'ont prouvé les dernières années. Il faudra des automatismes, donc du temps. Et le début de saison mitigé, ou raté, sur le plan comptable, n'en offre pas. Quatre matches et quatre points, voilà qui n'offre aucun matelas.

Un calendrier compliqué pour rebondir

Jocelyn Gourvennec le sait bien et se méfie déjà du calendrier des semaines à venir. «On a un déplacement compliqué à Lugano, puis on reçoit Saint-Gall deux jours et demi plus tard. Ensuite, on a trois matches à l'extérieur sur synthétique: Lausanne, Thoune et YB.» Au moins, les Genevois n'auront pas trop de temps pour ruminer ce vilain match nul, mais il faudra se montrer performant lors de ces cinq rencontres, toutes difficiles à négocier sur le papier. Plus que la réception d'un FC Lucerne réduit à dix à la 20e minute.

Brack Super League 2026/27
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Lugano
FC Lugano
4
10
12
2
Young Boys
Young Boys
5
10
11
3
FC Bâle
FC Bâle
5
3
10
4
FC St-Gall
FC St-Gall
0:1
4
1
7
5
FC Sion
FC Sion
4
1
6
6
FC Zurich
FC Zurich
5
-5
6
7
FC Thoune
FC Thoune
1:0
4
-5
6
8
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
5
-1
5
9
FC Lucerne
FC Lucerne
5
-4
5
10
Servette FC
Servette FC
4
-1
4
11
FC Vaduz
FC Vaduz
1:0
5
-4
3
12
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
0:1
4
-5
1
Tour final
Tour de relégation
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