Un Nyonnais qui devient champion du monde à Las Vegas. Une sentence qui ne devait pas figurer dans beaucoup de Bingo pour l’année 2025. Et pourtant, le 14 décembre dernier, Killian Humair, natif de Nyon, est monté sur le toit du jiu-jitsu brésilien mondial à «Sin City».
C’était aux «Worlds» de l’IBJJF (Fédération internationale de jiu-jitsu brésilien), «la plus grande compétition de l’année», d’après les dires du jeune homme. Dans sa catégorie – ceinture violette, ultralourds (+97.5kg), «No-Gi» (sans kimono) – Killian Humair a surclassé ses adversaires. «Quatre combats. Quatre victoires par soumission. Pas un combat plus long que deux minutes. J’ai vraiment fait ça bien», résume le jeune homme de 24 ans en rigolant franchement.
Deux disqualifications
Et pourtant, avant ce mois de décembre triomphal, Killian Humair avait connu plusieurs désillusions dans les gros tournois. «Aux Européens, je suis arrivé avec l’intention de faire double champion. Et en fait, je n’ai rien fait du tout… j’ai été disqualifié», raconte-t-il.
La faute à un style de combat très offensif, notamment au niveau des jambes. Des pratiques jugées illégales quand on porte une ceinture violette. À l’Open de Genève, autre grand rendez-vous de son année: rebelote. «J’ai refait quasiment la même connerie», peste-t-il.
Le Nyonnais arrive donc aux Mondiaux «avec le moral dans les chaussettes». Mais la suite est désormais connue: avec ce sans-faute et ce titre mondial historique pour la Suisse, pays dans lequel ce sport en plein essor reste relativement nouveau. «Une belle revanche!», dixit le Nyonnais.
De Nyon à Vegas
Killian Humair, lui, est arrivé au «JJB» sur le tard. Après s’être lassé du basket et de la musculation, il se tourne vers le MMA (arts martiaux mixtes), sport à la mode. Prenant plaisir surtout lors des parties qui se passent à même le sol, il se tourne alors vers le jiu-jitsu brésilien, «un mélange de judo et de lutte».
Le coup de foudre est total, au point de «saouler [sa] copine à ne lui parler que de ça», rigole le jeune de la Côte. Et cela ne devrait pas aller en s'améliorant. Après avoir obtenu son bachelor en économie d’entreprise, il aspire à se professionnaliser dans son sport.«J’ai fait mon diplôme parce qu’il le fallait, pas parce que j’adore la comptabilité», ironise-t-il.
Pour autant, vivre du jiu-jitsu brésilien en Suisse reste un immense défi. Et si le jeune Nyonnais rêve déjà d'ouvrir sa propre académie, il multiplie pour l’instant les petits jobs: distribution de bouteilles d’eau la nuit pour les jeunes qui font la fête au bord du lac, surveillance de salles de sport quand les enfants y jouent.
De quoi mesurer le chemin qu’il reste à parcourir. Mais qui a fait Nyon-Las Vegas ne recule devant rien.