La scène cycliste suisse est en ébullition. La raison : lors de l'assemblée des délégués du 14 mars prochain à Berne, il y aura une bataille pour la présidence de Swiss Cycling. Avec la Grisonne Luana Bergamin et la Zougoise Marisa Reich, deux femmes se présentent à l'élection, toutes deux souhaitant devenir la première femme à la tête de la fédération cycliste. De quel côté penchera la majorité des délégués? Cette question brûlante divise le monde du cyclisme suisse.
Mais le duel a déjà été annulé deux semaines et demie avant l'échéance. La candidate Marisa Reich a reçu un courrier de l'avocat de Swiss Cycling: elle ne sera même pas admise pour des raisons formelles. Blick s'est procuré la lettre explosive. La raison de ce coup d'éclat: elle n'aurait pas été membre d'un club cycliste à une certaine date de référence, comme cela est prescrit.
Un détail qui ne dérangeait personne
Ce qui est à noter, c'est que Marisa Reich n'est pas une candidate externe et qu'elle siège déjà depuis cinq ans au comité directeur de Swiss Cycling. Elle a déjà été réélue une fois durant cette période. L'absence d'affiliation au club? Jusqu'à présent, ça n'avait gêné personne. Mais désormais, c'est un double coup de massue: exclusion immédiate du comité directeur et non admission à l'élection présidentielle. Certes, Marisa Reich est désormais membre d'un club cycliste. Mais selon une lettre d'avocat, cela n'aurait pas été formellement enregistré à temps dans les bases de données.
Un porte-parole de la fédération a déclaré à Blick: «Le juge unique de Swiss Cycling a constaté que les conditions d'élection n'étaient pas remplies. C'est sur la base de cette constatation qu'il a rendu son jugement.» Marisa Reich elle-même ne prend pas position auprès de Blick. Il semblerait toutefois qu'elle pense à faire appel.
Mais la question se pose de toute façon: pourquoi Swiss Cycling sort-elle une telle artillerie contre un de ses propres membres du comité directeur et l'éjecte-t-elle sans autre forme de procès de l'organe? «Soit les conditions sont remplies, soit elles ne le sont pas, il n'y a pas de marge de manœuvre», répond la fédération.
Deux fois plus de candidats que de sièges
Swiss Cycling explique ainsi le fait que cette Allemande d'origine ait été exclue, alors qu'elle avait auparavant siégé au comité directeur pendant des années sans être inquiétée: «Les clarifications ont été effectuées en raison du grand nombre de candidatures reçues. Sur la base de cette expérience, Swiss Cycling va standardiser le contrôle des conditions d'élection.»
Pour les sept membres du comité directeur, 14 personnes se présentent aux élections. Un nombre remarquablement élevé à une époque où l'on cherche souvent désespérément du personnel pour des postes honorifiques. Mais comme les deux co-présidents, Patrick Hunger et Franz Gallati, se retirent et que deux autres sièges se libèrent, plus d'une douzaine de personnes se sont présentées. Il se pourrait même que six sièges soient à pourvoir, car le coprésident sortant Franz Gallati a déposé une demande d'extension du personnel de l'organe.
Propositions, exclusion, lutte de pouvoir – que se passe-t-il donc chez Swiss Cycling? Où que le Blick se tourne ces jours-ci, le nom de Thomas Peter revient sans cesse. Le Bernois est directeur de Swiss Cycling et le visage omniprésent de la fédération. Ce charpentier de formation, diplômé en sport, est arrivé chez Swiss Cycling en 2009 en tant que responsable du VTT, il est devenu directeur technique en 2011 et est désormais directeur général depuis 2020.
Pour le dire prudemment, Thomas Peter n'a pas que des amis dans le cyclisme suisse. Cela est peut-être dû à sa position. Lorsqu'il s'agit de pouvoir et d'argent, toutes les convoitises ne peuvent pas être satisfaites.
Quel sera le cap de l'association à l'avenir?
Mais le fait est que cette assemblée des délégués est considérée comme le point de départ pour savoir si les votants approuvent le cours actuel de l'association sous la direction opérationnelle de Thomas Peter ou si un nouveau vent doit souffler sur l'association avec l'élection de nouveaux membres du comité directeur. En d'autres termes, un vent qui souffle aussi à l'encontre du visage de Thomas Peter.
Sur son site Internet, mis en ligne spécialement pour la candidature à la présidence, Marisa Reich, qui vient d'être éjectée, écrit: «Swiss Cycling se trouve à un moment décisif de son histoire. Deux voies s'offrent à nous: soit nous nous accrochons à des structures et à une culture qui n'ont plus évolué, soit nous saisissons cette opportunité pour mener la fédération vers une nouvelle étape.»
Son adversaire, Luana Bergamin, est recommandée par Swiss Cycling pour être élue à la présidence. Pour la cheffe du comité d'organisation des courses de la Coupe du monde de ski à Lenzerheide (GR), ce serait un retour. Elle a travaillé jusqu'en 2021 au sein de la direction de Swiss Cycling en tant que «responsable des services». La Grisonne écrit dans son portrait aux délégués: «Swiss Cycling repose aujourd'hui sur des bases stables.»
Qui gagnera la lutte de pouvoir acharnée le 14 mars? Dans les coulisses, la mobilisation des délégués bat son plein depuis longtemps des deux côtés.