Le miracle d'Ostrava s'est produit dimanche soir peu avant 18h! Grâce à leur victoire 2-0 contre la République tchèque, les unihockeyeuses suisses ont conquis le titre mondial pour la deuxième fois de leur histoire, vingt ans après le sacre de 2005.
Moins d’une heure plus tard, Blick s’entretient avec Céline Stettler, auteure du but de l’ouverture du score. À 24 ans, la jeune femme peine à réaliser. «Quand j’étais petite, je rêvais de faire partie de l’équipe nationale. Et maintenant, je suis championne du monde. C’est incroyable!»
«Souffrir, c’est génial»
Le succès suisse est aussi celui de la volonté. Après l’exploit retentissant en demi-finale face à l’ogre suédois, les Suissesses disposaient de moins de vingt-quatre heures pour se remettre avant cette finale. «Je suis épuisée, vidée de mes forces, même mentalement», confie Céline Stettler, qui évolue en Suède et travaille à 50% comme gestionnaire de dossiers.
Un coup d’œil dans la salle de réunion de la Nati avant le match donne le ton: ici, on n’a pas peur de la douleur. Sur un flipchart, les joueuses ont inscrit quelques mantras, dont un en particulier: «Souffrir, c’est génial». Céline Stettler éclate de rire lorsqu’on l’interroge à ce sujet. «On s’est mises d’accord dans l’équipe: on voulait bloquer les tirs et on était prêtes à souffrir. Hier contre la Suède, je me suis pris une balle en plein visage. Ça m’a fait mal, mais en même temps, j’ai trouvé ça génial d’aller au-devant de ce tir et de le bloquer. Quand tu réussis un bloc, peu importe lequel, c’est une sensation incroyable. Ça te pousse, ça te donne de l’énergie.»
La défenseure admet volontiers qu’elle a trop souvent tiré dans le bloc adverse par le passé. Mais en finale, la donne a changé, notamment grâce à un travail spécifique effectué ces derniers mois. «Quand j’ai reçu la balle aujourd’hui, je me suis dit: cette fois, je ne tire pas dans le bloc, je tire au but. Avant même de frapper, je sentais que ça allait rentrer » Son but du 1-0 s’est avéré décisif sur la route du sacre mondial.
Résistantes à la boisson? «Nous allons le découvrir aujourd'hui»
Pendant que Céline Stettler raconte son «game-winning goal», on entend en arrière-plan la chanson «Dunne mit de Gäng», très populaire en Suisse alémanique. La fête, elle a commencé depuis longtemps dans le vestiaire suisse. Les unihockeyeuses sont-elles résistantes à l'alcool ? «Nous allons le découvrir ce soir, même si je n'ai encore aucune idée de l'endroit où nous allons faire la fête».
Une chose est également déjà claire: la nuit à Ostrava sera courte, car dès lundi matin, les Suissesses prendront le train à 6h pour Vienne, d'où elles prendront l'avion pour Zurich. Les héroïnes seront accueillies et fêtées dès 15h dans la salle municipale de Kloten.