Bienvenue au Grand Malagny
Geneva SuperCar Show: moteur, action!

C’est dans l’époustouflant Domaine du Grand Malagny qu’a eu lieu, mi-juin, la quatrième édition du Geneva Supercar Show. En plus des Ferrari, McLaren, Lamborghini ou Bentley, certains constructeurs de niche ont pu présenter leurs modèles. Moteur!
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L'influenceuse Silvia Kucherenko a apprécié sa visite au Geneva Supercar Show.
Photo: julie de tribolet
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Matthias Davet
L'Illustré

Par sa forme, la bouteille pourrait contenir du champagne. Pourtant, à l’intérieur, simplement de l’eau pétillante. Enfin, pas n’importe laquelle. Celle parsemée d’or alimentaire 24 carats et d’essence de rosier de Damas. Sur la scène, son fondateur bulgare, style à mi-chemin entre un roi de la mode milanais et un méchant de James Bond, vend son produit devant l’assemblée, qui semble apprécier.

Quelques minutes plus tard, dans le magnifique Domaine du Grand Malagny, la maire de Genthod (GE) déclare la quatrième édition du Geneva Supercar Show ouverte. Le moteur d’une Porsche rugit au moment où l’ambassadeur de Franck Muller au Pakistan découpe le ruban en compagnie de Nicholas Rudaz, le PDG de la célèbre marque horlogère.

«Il y a des similarités entre les montres et les voitures: le luxe, le mécanisme et la passion», proclame dans son discours le dirigeant. C’est notamment pour cette raison que Vartan Sirmakes, le fondateur de Franck Muller, a ouvert pour la première fois en 2023 les portes du Domaine du Grand Malagny, afin de permettre aux plus belles voitures du monde de se réunir en plein air avec vue sur le Léman. Tant le panorama que les carrosseries impressionnent quand on se balade dans les jardins du domaine genevois. Tout cela sous des airs de garden-party.

Laurent Tapie, fils de Bernard

Rapidement, et en discutant avec plusieurs exposants, on se rend compte que Nicholas Rudaz ne mentait pas à propos de la passion. Que ce soit en parlant du type de moteur, du nombre de chevaux ou du poids de la voiture, chacun s’enflamme avec une fierté non dissimulée sur les atouts de son bolide.

Certains jouent la carte de l’histoire de la marque pour vendre leurs voitures. Laurent Tapie – fils de Bernard, l’ancien homme d’affaires et président de l’Olympique de Marseille – est venu présenter sa Delage D12. Une entreprise fondée en 1905. «Durant les vingt premières années de son existence, elle était la marque française la plus titrée, avant d’être rejointe par Bugatti, sa «rivale», détaille l’entrepreneur qui a racheté en 2019 la marque en sommeil depuis 1953. A Genthod, il expose fièrement son modèle unique, mais le but est d’en construire 30.

Téléportation au Mans

Sur le stand voisin, la Quarkus de Damien Alfano paraît presque ridicule à côté du monstre qu’est la Delage D12. Cette relative discrétion est assumée. «Depuis gamin, je rêvais de créer ma marque automobile, annonce d’emblée le Français. Sauf que les supercars d’aujourd’hui ne me plaisent pas vraiment. Elles sont toujours plus grandes, plus lourdes, plus puissantes. Je ne suis pas convaincu que cela procure du plaisir au pilotage.»

Il y avait moyen de se téléporter jusqu'au Mans avec Quarkus.
Photo: julie de tribolet

C’est pour cette raison que Damien Alfano a mis sur pied (et sur route) sa Quarkus de 600 kg à peine (à titre de comparaison, la Delage D12 en faisait 1350). Pas encore convaincu par tous les arguments? Il suffit de sauter sur le siège, d’enfiler un casque de réalité virtuelle et on est téléporté pour un tour d’essai sur la mythique piste du Mans, aux côtés d’un pilote professionnel. Seuls les cheveux intacts à la fin de l’expérience font comprendre que l’on est resté sur les bords du Léman.

La Ferrari 849 Testarossa… en bleu

Bien sûr, le Geneva Supercar Show n’est pas un salon réservé aux marques de niche. Au détour d’une tente, des McLaren, des Lamborghini, des Bentley ou des Ferrari flambant neuves sont fièrement exposées. Contrairement à ce que son nom pouvait laisser imaginer, la 849 Testarossa de la marque au cheval cabré est... bleue.

«Même si Enzo a dit: «Donnez un crayon à un enfant et il dessinera une voiture rouge», on voulait montrer que Ferrari avait un large éventail de couleurs», explique Samantha Bilski, marketing manager chez Ferrari pour les cantons de Vaud et du Valais. D’ailleurs, elle rappelle que la «vraie» couleur de la marque est le jaune de Maranello.

Toujours est-il que vendre des voitures hors de prix ne doit pas être une tâche aisée. «Avant tout, on s’appuie sur la relation qu’on a construite avec le client. On met aussi en avant la famille, la passion et l’héritage», souligne Samantha Bilski.

La disparition du Salon de l’auto

Tous les acteurs avec lesquels nous avons pu nous entretenir sur la pelouse du Domaine du Grand Malagny sont du même avis: le Geneva Supercar Show est une bénédiction après la fin du regretté Salon de l’auto de Genève. «Sa disparition a eu un énorme impact sur les ventes, avoue la représentante de Ferrari. Et, au-delà de cela, Ferrari est une marque qui fait rêver et nous avons besoin d’être où sont les enfants, les papas et les mamans, pour qu’eux aussi aient la possibilité de rêver.»

En cette fin de matinée, après plusieurs discours et une présentation du salon, les invités sont remontés dans leurs voitures. Moins prestigieuses que les supercars situées sur les pelouses de Genthod. Les voiturettes de golf ont fait vrombir leur moteur (sans doute loin des 8 ou 12 cylindres) pour ramener une partie de ce beau monde sur le parking. Les plus curieux ont même pu tester l’eau pétillante à la rose et à l’or. Verdict: les diamants sont éternels. Mais ils ne remplaceront jamais le champagne.


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