Après la mort de Jason Dupasquier
Jacques Cornu: «Il faut un airbag!»

Le décès accidentel de Jason Dupasquier a beaucoup affecté l'ancienne star suisse de la moto. Le Neuchâtelois émet plusieurs idées pour améliorer la sécurité des Grand Prix.
Publié: 03.06.2021 à 08:39 heures
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Dernière mise à jour: 03.06.2021 à 17:51 heures
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Un des tous grands de la moto suisse: Jacques Cornu remporte le Grand Pix de Belgique 1989 à Spa-Francorchamps.
Matthias Dubach

Jason Dupasquier est le premier pilote suisse à décéder en course depuis 38 ans. Cette funeste année 1983, ils avaient été trois à perdre la vie sur le bitume. Depuis, d'énormes progrès ont été réalisés en matière de sécurité des pistes, des casques et des combinaisons, désormais équipées d'airbags. «Entre l'époque et aujourd'hui, c'est le jour et la nuit», déclare à Blick Jacques Cornu. Le Neuchâtelois, 68 ans aujourd'hui, est une légende de la moto helvétique.

Comme tout le monde, l'ancienne star a dû se rendre à l'évidence: le sport automobile reste très dangereux, et la fatalité a emporté bien trop tôt en Jason Dupasquier une star montante. «Comme pilote, tu ne penses jamais que tu pourrais mourir. Le pire scénario, c'est une blessure qui t'empêcherait de t’aligner aux prochaines courses. Jason a eu tellement de malchance...» soupire le vainqueur de trois Grand Prix.

Une réforme des qualifications?

Jacques Cornu espère que le drame relancera le débat sur la sécurité. «Même si l'on ne pourra jamais atteindre le risque zéro, il faut toujours réfléchir à des améliorations», estime-t-il. La proposition du Neuchâtelois: remplacer les qualifications, où tous les pilotes courent en «peloton», par des courses l'un après l'autre.

Ce n'est pas la seule proposition du sexagénaire. Dans le «Tages Anzeiger», le Suisse propose un airbag pour casque, censé protéger la tête et le cou d'un pilote tombé au sol contre les collisions dévastatrices avec ses adversaires ou leurs machines.

Absorber l'impact

Dans des accidents comme ceux de Dupasquier ou de Marco Simoncelli, décédé à 24 ans en 2011, le problème se trouve dans la différence de vitesse entre la victime qui glisse sur l'asphalte et celle de la moto arrivant à plein tube. «Si les vitesses respectives sont 100 km/h et 150 km/h, l'impact est comme celui contre un mur à 50 km/h», explique Jacques Cornu à Blick.

Même avec un excellent casque, cela ne suffit pas pour absorber un tel choc. D'où l'idée du Neuchâtelois: «Un airbag autour du casque serait certainement très utile. Reste à savoir ce qui est possible de faire techniquement.»

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