Faites attention en montagne!
Le double drame en Appenzell met en lumière l'inexpérience des randonneurs

En l'espace d'une heure, deux seniors ont été victimes d'un accident mortel sur un chemin de montagne en Appenzell. Ce drame met en lumière l'inexpérience de certains «randonneurs», un problème presque insoluble pour les autorités locales.
Publié: 19.07.2022 à 15:27 heures
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Dernière mise à jour: 19.07.2022 à 17:40 heures
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Le chemin où s'est produit le double drame.
Johannes Hillig

Un double drame s'est déroulé lundi après-midi en Suisse orientale. Entre Äscher et Chobel pour être précis, dans le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures. Le secteur est plutôt célèbre pour le Säntis, qui culmine à 2500 mètres, mais c'est un sentier de randonnée beaucoup plus confidentiel qui a été fatal aux deux randonneurs.

La première chute mortelle a eu lieu lorsqu'une Allemande de 66 ans est tombée pour des raisons encore inconnues dans une pente relativement raide. Les secours n'ont pu que constater le décès de la malheureuse, qui a dévalé plus de 80 mètres.

Le chemin avait été contrôlé vendredi!

C'est pendant les opérations de secours qu'un homme de 58 ans originaire du canton de Berne a connu le même triste destin. L'Alémanique est tombé dans le vide sur le même tronçon à peu près une heure après le premier drame, a précisé la police cantonale. Les deux victimes n'avaient pas de lien entre elles.

La zone n'est pas de haute montagne, mais elle semble maudite cette année: avant le double accident de ce lundi, quatre randonneurs avaient déjà perdu la vie dans la région, dont une femme de 75 ans le 26 juin sur le même chemin...

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Comment expliquer cette série noire? Le responsable des chemins de randonnée de la région n'est autre que Sepp Manser, député au Grand Conseil du demi-canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures et responsable du tourisme cantonal. Fait surprenant: la dernière inspection du sentier a eu lieu... vendredi.

«Tout repose sur une auto-évaluation des capacités»

À en croire ce spécialiste de la zone, il ne s'agit pas d'un parcours particulièrement difficile: «Le chemin n'est pas extrêmement dangereux, mais cela reste la montagne. Il faut certaines conditions pour faire de la randonnée: avoir le pied sûr, ne pas être sujet au vertige et être en bonne forme physique. En somme, tout repose sur une auto-évaluation des capacités.»

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Est-ce à dire que les personnes accidentées ne correspondaient pas à ces critères? Le chemin qui descend vers la vallée semble inoffensif de par la présence de buissons et d'herbe. Cela peut être trompeur, selon Sepp Manser. «Nous avons installé des panneaux d'avertissement et le chemin est sécurisé selon les recommandations de Suisse Rando. Mais si les gens ne les respectent pas, nous ne pouvons rien faire», soupire-t-il. De nombreux touristes visitant la région sont des randonneurs inexpérimentés, qui ne savent pas forcément se comporter de manière adéquate.

Pour le porte-parole de la police, Roland Koster, la dangerosité du chemin est largement sous-estimée. Par endroits, les hautes herbes masquent des difficultés et le randonneur non-averti peut facilement perdre pied. Même si le chemin d'Äscher en direction de Chobel et du Seealpsee est l'un des plus fréquentés de l'Alpstein (un massif des Alpes appenzelloises), ces quatre accidents mortels en aussi peu de temps marquent les esprits dans la région.

Un randonneur avec... une valise à roulettes

À certains endroits, il y a des câbles métalliques fixés dans la paroi pour prévenir les chutes. Mais cela n'a pas suffi. Comme Sepp Manser, Roland Koster relève que de nombreux randonneurs n'ont pas un matériel suffisant. Le porte-parole de la police cantonale a déjà observé à de plusieurs reprises des personnes n'ayant «rien à faire là» dans la zone concernée.

«Comment peut-on avoir l'idée d'aller en montagne en tongs ou en chaussures de ville?», s'interroge le fonctionnaire. L'Appenzellois se souvient avoir croisé un randonneur sur le chemin escarpé en question avec... une valise à roulettes! L'essor touristique de la région n'a donc pas eu que des bons côtés, analyse Roland Koster.

L'Äscher est devenu un endroit très prisé des instagrammeurs notamment en raison du restaurant du même nom, situé à flanc de falaise et devenu un «hit» international sur Instagram.

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