Contre la flambée de l'immobilier
La Loi Koller est de retour

Avec la flambée récente des prix de l'immobilier, un resserrement de la loi Koller a été envisagé au Parlement. Après une première tentative de la gauche en 2017, les restrictions ont de meilleures chances de passer cette fois-ci.
Publié: 03.10.2021 à 17:49 heures
1/5
Vue aérienne de Buchs (AG).
Reza Rafi

Les prix des maisons suisses ont pratiquement doublé au cours des deux dernières décennies. La courbe est étonnamment plus raide que l’inflation moyenne sur la même période.

Cette forte augmentation n’est même qu’une moyenne nationale: dans certaines régions comme le lac Léman, certaines parties de la Suisse centrale et la Gold Coast de Zurich, les prix ont littéralement flambé.

La raison est assez simple: les terrains constructibles sont limités dans le pays et les politiciens essaie de freiner l’étalement urbain en limitant les zones à bâtir. En parallèle, la demande nationale et internationale continue d’augmenter et est difficile à contrôler. En cause: l’augmentation de la population en Suisse et l’attrait que représente le pays pour les expatriations. La pandémie de Covid-19 a également joué un rôle dans la demande, tout comme les stratégies de faible imposition de nombreux cantons, la densité des infrastructures et le niveau élevé des salaires.

Comptez au moins un million de francs

Voici un échantillon de prix dans trois villes suisses romandes en termes d’immobilier: à Genève, un appartement de 2 pièces peut monter à plus d'un million de francs, à Lausanne et ses environs une maison familiale avec au moins trois pièces coûte en moyenne 1,2 million, et comptez également jusqu'à un million de francs pour un quatre pièces à Neuchâtel.

Dans d'autres régions attractives de la Suisse on peut acheter un appartement de 2,5 pièces pour environ 1,5 million de francs suisses, à Muttenz (BL), un quatre pièces dans un immeuble coûtera 1,2 million de francs suisses, à Arbon (TG), une maison individuelle de classe moyenne vaudra 2,2 millions de francs suisses. Ceux qui possèdent des biens immobiliers profitent également de cette augmentation des prix, et ceux qui ne sont pas propriétaires en tirent profit par le biais des fonds de pension.

Devenir propriétaire est de moins en moins accessible

Comme on peut s’y attendre, ces hausses ne profitent pas à tout le monde: pour la classe moyenne, l’achat d’une maison ou d’un appartement devient pratiquement impossible. Le Parlement a donc décidé d’agir: lundi dernier, le Conseil national a approuvé une proposition visant à ramener la «Lex Koller».

Publicité

La loi, qui porte le nom de l’ancien ministre de la justice Arnold Koller, réglemente l’acquisition de biens immobiliers par des personnes venant de l’étranger. Il est maintenant prévu qu’elle devienne encore plus restrictive: l’achat de propriétés en dehors de la Suisse nécessiterait un permis.

La force motrice était une «alliance impie» de l’UDC, du PS et des Verts. Le chef du groupe parlementaire de l’UDC, Thomas Aeschi, et la conseillère nationale du PS zurichois, Jacqueline Badran, faisaient parti des porte-parole.

En 2017, lors de la dernière tentative de durcir la «Lex Koller», la gauche avait échoué face aux bourgeois. Avec les changements de position dans le camp de la droite, les conditions pourraient être différentes cette fois-ci. La balle est maintenant dans le camp du Conseil des États.

Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la