Poutine défie les Occidentaux
Réuni d'urgence, le conseil de sécurité estime qu'il y a un «risque de conflit majeur»

Le président russe Vladimir Poutine a choisi de défier les Occidentaux en ordonnant à ses troupes d'entrer dans les territoires séparatistes de l'Est de l'Ukraine, provoquant dans la nuit de lundi à mardi une réunion d'urgence du conseil de sécurité.
Publié: 22.02.2022 à 06:16 heures
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Dernière mise à jour: 22.02.2022 à 09:31 heures
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Le président russe Vladimir Poutine lors d'une allocution télévisée le 21 février 2022 à Moscou

«Les prochaines heures et jours seront critiques. Le risque de conflit majeur est réel et doit être évité à tout prix», a déclaré au début de la réunion la secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo.

Signe de la nouvelle montée des tensions, les diplomates américains encore en Ukraine ont été déplacés en Pologne pour des «raisons de sécurité», a annoncé le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.

Mardi, le Parlement russe doit entériner la décision du chef du Kremlin de déployer une force de «maintien de la paix» dans les deux régions de Donetsk et Lougansk dont il a reconnu l'indépendance, une «violation de souveraineté» dénoncée par Kiev et les Occidentaux qui ont annoncé des sanctions.

Aucun calendrier n'a été communiqué sur le déploiement militaire, dont on ignore également l'ampleur. Mais, selon l'Occident, la Russie dispose de quelque 150'000 soldats aux frontières de l'Ukraine.

Deux accords d'entraide entre Moscou et les sécessionnistes, d'une durée de dix ans, doivent être ratifiés par le Parlement. Ils prévoient le déploiement «des unités militaires russes nécessaires au maintien de la paix dans la région et d'assurer une sécurité durable aux parties».

«Gifler Poutine et Zelensky»

Lundi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié «les derniers actes de la Russie de violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de notre Etat», assurant que Kiev ne cèderait pas «une parcelle» du pays et n'avait peur «de rien ni personne».

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Dans une adresse à la Nation, il a également appelé ses partenaires occidentaux à un soutien «clair» et «efficace».

«Je veux gifler Poutine et Zelensky», s'est emportée Anna Velitchko, une habitante d'Avdiïvka, dans l'est de l'Ukraine, à propos des dirigeants russe et ukrainien, qu'elle voudrait voir «s'asseoir enfin et se mettre d'accord pour mettre fin à cette guerre».

Les décisions russes signent la fin d'un processus de paix sous médiation franco-allemande qui, bien que régulièrement violé, avait permis de stopper les affrontements les plus violents de ce conflit ayant fait plus de 14.000 morts depuis son déclenchement en 2014, après l'annexion de la Crimée par Moscou.

Les Etats-Unis, l'Union européenne, comme l'Otan et Londres, ont dénoncé la décision du président russe et promis des sanctions.

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Le président Joe Biden a publié lundi un décret qui interdit tout nouvel investissement, échange ou financement par des personnes américaines à destination, en provenance ou dans les régions prorusses de Donetsk et Lougansk.

Et la Maison Blanche a annoncé de «nouvelles sanctions» pour mardi.

La présidence française a également annoncé des sanctions prochaines de l'UE visant des entités et des individus russes. Et le Premier ministre britannique Boris Johnson veut décider mardi d'un «important paquet de sanctions».

Des milliers de violations de la trêve en 24H

Dans sa longue allocution télévisée, Vladimir Poutine a réitéré ses accusations infondées de «génocide» des Russes et russophones d'Ukraine, et présenté l'Ukraine comme un pays artificiel et indissociable de la Russie.

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La présidence française a dénoncé la «dérive idéologique» et le «discours paranoïaque» de Vladimir Poutine.

Les tensions, qui n'ont cessé de croître ces derniers mois, se sont encore aggravées depuis trois jours avec la recrudescence des heurts dans l'est de l'Ukraine entre forces de Kiev et les séparatistes.

Les observateurs de l'OSCE ont enregistré en 48 heures plus de 3.200 nouvelles violations de la trêve censée être en vigueur.

La Russie a assuré lundi qu'au moins 61.000 personnes avaient été «évacuées» des zones séparatistes vers son territoire.

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(AFP)

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