La classe politique condamne
Le président élu du Sénat italien menacé par un groupe «antifa»

Des militants «antifas» ont menacé le nouveau président du Sénat italien, Ignazio La Russa, dans une banderole déployée près du Colisée et sur une permanence du parti post-fasciste à Rome, suscitant samedi les condamnations unanimes de la classe politique.
Publié: 15.10.2022 à 18:56 heures
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Dernière mise à jour: 15.10.2022 à 19:21 heures
Des militants «antifas» ont menacé le nouveau président élu du Sénat italien Ignazio La Russa (archives).

«Bienvenue, président La Russa. La résistance continue», pouvait-on lire vendredi soir sur la banderole signée du groupuscule «Cambiare rotta» (Changer de cap), rapidement décrochée par la police.

Sur sa page Facebook, le groupe a ajouté: «Nous serons ravis de lui montrer, ainsi qu'au parlement, la signification de l'antifascisme militant».

Une «référence à des années tragiques»

Dans le quartier romain de la Garbatella où a grandi Giorgia Meloni, probable future Première ministre et qui a créé le parti post-fasciste Fratelli d'Italia fin 2012 avec Ignazio La Russa, le rideau de fer d'une permanence du parti a été tagué «La Russa, Garbatella te hait», et signé Antifa à côté d'une étoile à cinq branches.

Ce dessin peut évoquer l'emblème du groupe armée d'extrême gauche Les brigades rouges qui a commis de nombreux assassinats dans les années 1970, dont celui de l'homme d'Etat Aldo Moro en 1978. Pendant ces mêmes «années de plomb», des militants néofascistes ont perpétré des assassinats et attentats à la bombe ayant fait des centaines de morts.

Giorgia Meloni a dénoncé «une référence à des années tragiques que nous ne voulons plus revivre. Notre engagement est d'unir la nation, pas de la diviser», a-t-elle affirmé samedi sur Twitter.

«Un acte vil»

Dans l'opposition, la cheffe du groupe Parti démocrate (PD, centre gauche) a fustigé «un acte vil» tandis que l'intéressé a «remercié les forces politiques qui ont exprimé leur solidarité».

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L'élection jeudi d'Ignazio La Russa, collectionneur de bustes et autres médailles à l'effigie de Benito Mussolini, a provoqué une vive polémique, d'autant qu'elle a été suivie vendredi par l'élection à la présidence de la chambre des députés d'un catholique ultra-conservateur, Lorenzo Fontana, membre de la Ligue de Matteo Salvini.

«Meloni dit qu'ils entendent unir le pays et non le diviser. Et ils ont élu La Russa et Fontana. Qu'est-ce que ça aurait été s'ils avaient voulu le diviser», a ironisé le député démocrate Andrea Orlando sur Twitter. Le numéro 2 du PD, Peppe Provenzano, a lui condamné «un concours d'extrémisme».

Pendant ce temps, la coalition droite/extrême droite rassemblant Fratelli d'Italia, la Ligue et Forza Italia de Silvio Berlusconi exhibe ses profondes divisions autour de la formation du gouvernement.

Giorgia Meloni: «Je suis insensible au chantage»

Giorgia Meloni s'oppose en particulier à la nomination de certaines personnalités proposées par Silvio Berlusconi, dont les sénateurs ont majoritairement fait défaut lors de l'élection d'Ignazio La Russa afin de faire pression sur elle.

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Des images de télévision ont saisi au Sénat des notes manuscrites du magnat à propos de Giorgia Meloni qu'il qualifie notamment d'"arrogante et dogmatique». Giorgia Meloni lui a répondu, comme pour dire qu'elle ne cèderait pas sur l'attribution des portefeuilles: «Je suis insensible au chantage».

«L'harmonie va revenir», a cependant assuré Matteo Salvini samedi.

(ATS)

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