«Je n'éprouve plus de compassion»
Une médecin américaine s'en prend aux non-vaccinés

Une médecin américaine raconte la lente agonie d'un patient atteint du Covid qui refusait le vaccin. Dans son article paru dans le «Los Angeles Times», elle s'adresse aux opposants à la vaccination: pour elle, c'est à cause d'eux que la pandémie persiste.
Publié: 20.08.2021 à 11:24 heures
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Dernière mise à jour: 20.08.2021 à 15:38 heures
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Anita Sircar est médecin spécialiste des maladies infectieuses et enseignante clinique en sciences de la santé à la faculté de médecine de l'UCLA.
Samuel Walder, Alexandre Cudré (adaptation)

Aux États-Unis, 93 millions de personnes ne sont pas vaccinées. Dans un article qu’elle a écrit dans le «Los Angeles Times», la médecin américaine Anita Sircar les pointe directement du doigt.

Anita Sircar est médecin, spécialisée dans les maladies infectieuses et formatrice clinique en sciences de la santé à l’université de Californie (UCLA). Depuis 17 mois, elle s’occupe tous les jours de patients infectés par le Covid-19. Elle précise que toutes les personnes hospitalisées ne sont pas vaccinées.

Son article a fait des vagues aux États-Unis. Elle y raconte la lente agonie d’un homme non-vacciné, mort quelques semaines après avoir contracté le virus.

«L’antibiotique n’a pas fonctionné»

«Il avait 46 ans. Après huit jours, il a commencé à tousser et il était très fatigué», explique-t-elle. «Au début, son médecin lui a prescrit un antibiotique. Cela n’a pas fonctionné.»

«Il ne croyait pas à l’efficacité du vaccin», poursuit Anita Sircar. «Sans être un 'antivax', il disait que le sérum était encore expérimental et n’avait pas été testé à 100%.» Une pensée paradoxale puisque le patient a été par la suite traité avec des méthodes encore plus expérimentales, continue-t-elle dans son article.

Un recours désespéré à l’hydroxychloroquine

Pris de peur, le patient a décidé de se soigner tout seul avec de l’hydroxychloroquine achetée en ligne. Cela n’a pas fonctionné non plus. Il a commencé à souffrir de difficultés respiratoires. «Dès qu’il devait faire un grand mouvement, il ne pouvait plus respirer», raconte Anita Sircar.

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«Sa femme et ses deux jeunes enfants étaient à la maison, tous trois infectés par le Covid. Lui et sa femme avaient décidé de ne pas se faire vacciner», précise-t-elle.

Dernier arrêt: les urgences

«Le patient a ensuite été emmené dans un établissement où on lui a donné des anticorps monoclonaux: une transfusion destinée à remplacer les anticorps de l’organisme par des substituts artificiels. Cela n’a pas fonctionné.»

Il a fini par atterrir aux urgences. Il y est resté avec des niveaux d’oxygène dangereusement bas dans le sang et avec une importante inflammation notamment dans les poumons.

Anita Sircar lui prescrit alors du remdesivir, considéré longtemps comme le médicament le plus prometteur contre le Covid-19 avant l’arrivée des vaccins. «Il vient d’être approuvé, lui a-t-elle dit. Voulez-vous que je vous l’administre?» Le patient lui a répondu par l'affirmative: «Je suis prêt à prendre tout ce qui peut me sauver la vie».

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Des efforts en vain

«Rien ne pouvait plus l’aider», rapporte la médecin. «Seule la vaccination aurait pu empêcher évolution grave de la maladie. À la fin, il pouvait à peine respirer.» Le patient est mort d’une attaque quelques jours plus tard.

«Il y a un an, j’aurais été anéantie par un cas de ce genre», confie Anita Sircar. «J’aurais dû refouler ma tristesse et j’aurais été en colère contre cette injustice. Mais maintenant tout a changé. J’ai du mal à éprouver de la compassion», admet-elle.

«Nous n’aurions jamais eu à le soigner s’il s’était fait vacciner»

Avec ses collègues, elle essaie de relativiser et de ne pas porter la charge de ce décès. Le patient ayant choisi de ne pas se faire vacciner, les médecins ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour le sauver et n'ont pas à porter la culpabilité de ce choix.

Malgré cela, c'est une mort qui aurait pu être évitée. «Nous n’aurions jamais eu à soigner cet homme s’il s’était fait vacciner», conclut la médecin.

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