En pleine crise avec ses alliés, Donald Trump se retrouvera sous le feu des projecteurs internationaux la semaine prochaine pour son retour au Forum économique mondial de Davos (Suisse). Mais le public que vise le président américain avant tout se trouve de l'autre côté de l'Atlantique.
A l'approche des législatives de mi-mandat en novembre, le milliardaire compte bien prendre soin de s'adresser aux électeurs américains inquiets pour leur pouvoir d'achat. Il s'agit de sa première apparition en six ans à cette grand-messe du multilatéralisme et du libre-échange.
Trump multiplie les crises
Le rendez-vous intervient dans un contexte de crise déclenchée par son projet d'acquérir le Groenland. Les dirigeants réunis dans cette station de ski huppée suisse devraient également mettre sur la table les autres chocs provoqués par le président, des droits de douane au Venezuela, en passant par l'Ukraine, Gaza et l'Iran.
Dans ce contexte explosif, le président américain, lors de son discours, prévoit de «dévoiler des initiatives pour réduire les coûts du logement» et «vanter son programme économique qui a propulsé les États-Unis à la tête de la croissance économique mondiale», a indiqué un responsable de la Maison Blanche à l'AFP. Il devrait aussi annoncer des mesures permettant aux épargnants américains de puiser dans leur plan de retraite pour financer l'achat d'une maison.
Selon sondage réalisé cette semaine pour la chaîne CNN, 58% des Américains considèrent que sa première année de retour au pouvoir a été un échec, en particulier sur le plan économique. Ses propres partisans sont également de plus en plus mal à l'aise face à l'attention croissante que le président porte à la politique étrangère, alors même qu'il avait été élu sous le slogan «l'Amérique d'abord».
Alliances ébranlées
Du haut des montagnes suisses, le dirigeant américain pourra cependant difficilement échapper à la tempête mondiale qu'il a lui-même déclenchée. Il sera notamment entouré des alliés européens de l'Otan qu'il vient de menacer de droits de douane s'ils ne soutiennent pas son exigence de prendre le contrôle du Groenland, île sous la souveraineté du Danemark.
Les liens avec l'Europe avaient déjà été éprouvés lors de la première volée de droits de douane annoncée par Trump au début de son second mandat. Et le président américain prévoit d'intensifier la pression. Dans son discours, Donald Trump «soulignera que les Etats-Unis et l'Europe doivent sortir de la stagnation économique et abandonner les politiques qui en sont la cause», a indiqué un responsable de la Maison Blanche.
Concernant la guerre en Ukraine, au coeur des préoccupations européennes, aucune rencontre n'est prévue à ce stade par Trump. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky espère le rencontrer afin de signer de nouvelles garanties de sécurité pour un hypothétique cessez-le-feu avec la Russie.
Une délégation impressionnante
La délégation américaine sera la plus grande jamais envoyée à Davos. Elle compte notamment Marco Rubio, Steve Witkoff et Jared Kushner, qui ont tous joué un rôle clé dans le dossier ukrainien.
Selon des informations de presse, Donald Trump voudrait organiser à Davos une première réunion de ce qu'il appelle «Conseil de paix» censé piloter la mise en oeuvre de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza, après avoir égrainé les noms de certains membres ces derniers jours. Le Venezuela, riche en pétrole, fera également l'objet de discussions, après l'opération militaire américaine et la capture de Nicolas Maduro, s'inscrivant dans la nouvelle approche offensive de Donald Trump dans la région.
Le président américain, qui apprécie la compagnie des puissants, cherche toujours son style à Davos. Sa première apparition en 2018 avait été ponctuée de huées, mais il avait fait un retour remarqué en 2020 en critiquant les «prophètes de malheur» du climat et de l'économie. Six ans plus tard, Donald Trump revient pour se poser en président puissant, tant au niveau national qu'international.