L'opposition crie victoire
La Zambie gèle le dépouillement électoral après des violences

Les violences perturbent le dépouillement des élections en Zambie, suspendu pour 24 heures. L’opposant Brian Mundubile clame sa victoire, mais le président Hakainde Hichilema exhorte les citoyens à attendre les résultats officiels.
Le président sortant de la Zambie, Hakainde Hichilema, à Lusaka, en Zambie, le 13 août 2026.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Le dépouillement des élections présidentielle et parlementaires, organisées jeudi en Zambie, est suspendu pour au moins 24 heures en raison de «violences», a annoncé vendredi la commission électorale de ce pays d'Afrique australe. Le principal opposant, Brian Mundubile, a un peu plus tôt revendiqué la victoire dès le premier tour, tandis que le président sortant Hakainde Hichilema a réagi en appelant les Zambiens à rester «patients».

«La commission électorale de Zambie a pris connaissance avec inquiétude des informations faisant état de violences survenues lors du dépouillement et de la proclamation des résultats dans certains districts. (...) Compte tenu de la situation sécuritaire et des menaces persistantes de violence, la commission a suspendu, avec effet immédiat, le dépouillement et la proclamation des résultats», a déclaré devant les médias à Lusaka le directeur des élections à la commission, Brown Kasaro.

«La commission réexaminera cette suspension dans les 24 heures», a-t-il ajouté. A la tête d'une coalition de partis d'opposition et rival le plus sérieux de «HH, l'ancien ministre de l'ex-président Edgar Lungu Brian Mundubile a affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux avoir «remporté cette élection tant au niveau présidentiel qu'en termes de majorité des sièges au Parlement» juste avant cette annonce.

Hakainde Hichilema, arrivé au pouvoir après une transition démocratique pacifique en 2021, a réagi en demandant aux 8,7 millions d'électeurs appelés à voter de rester «sereins, patients et patriotes en attendant les résultats officiels communiqués par les instances chargées de la gestion du scrutin», dans un communiqué sur les réseaux sociaux.

Heurts durant la campagne

Cette confusion porte un coup à la réputation de démocratie stable de ce géant du cuivre, deuxième producteur du continent et huitième au monde de ce métal indispensable aux réseaux électriques, centres de données et véhicules électriques. A la veille de l'élection, la commission des droits humains de Zambie avait dit «suivre de près les arrestations et détentions visant des candidats politiques, leurs sympathisants et des journalistes».

Lors d'une campagne marquée par des heurts, l'opposition a tenté de capitaliser sur le mécontentement d'une partie de la population pour tenter de revenir sur le devant de la scène. Le gouvernement d'Edgar Lungu, mort en 2025, avait pourtant laissé un pays en défaut de paiement souverain, après des années d'endettement massif, quand Hakainde Hichilema, chef du Parti unifié pour le développement national (UPND) a remporté l'élection présidentielle en 2021, à sa sixième tentative.

Depuis, son gouvernement a obtenu un accord historique de restructuration de la dette, rétabli un programme du Fonds monétaire international et remis l'économie sur la voie de la croissance, s'attirant les éloges des bailleurs de fonds et investisseurs internationaux. Quatorze candidats au total participaient à la course pour la présidence de ce pays historiquement proche de la Chine, aux nombreux investissements dans le secteur minier zambien. Les résultats de l'élection présidentielle devaient être annoncés d'ici au 17 août. Un deuxième tour doit départager les deux premiers si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés.

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