Un nouveau rapport économique de l'institut américain Citrini Research suscite de vives inquiétudes. Intitulé «2028 La crise mondiale de l'intelligence», il décrit un scénario catastrophe où l'intelligence artificielle bouleverse l'économie et provoque des millions de pertes d'emplois.
Selon les auteurs, l'essor de l'IA augmente certes la productivité des entreprises, mais provoque des licenciements massifs, des mesures d'austérité et un effondrement de la demande. Les sociétés privilégient des IA toujours moins coûteuses plutôt que les salariés, alimentant ainsi la spirale de la crise.
L'IA menace surtout les emplois de bureau
Le rapport de Citrini Research ne porte pas sur la robotisation industrielle. Ce sont surtout les emplois de bureau qui sont menacés: employés commerciaux, spécialistes, analystes, juristes et personnel administratif.
Les personnes issues de la classe moyenne seront directement touchées, celles qui achètent des maisons, des voitures, partent en vacances et soutiennent la consommation. La perte de leurs emplois pourrait faire s'effondrer l'ensemble du système économique. Comme l'indique le rapport: «pour chaque nouvel emploi créé par l'IA, des dizaines disparaissent. Et les nouveaux emplois sont nettement moins bien rémunérés que ceux qui ont été effacés.»
Une crise comme celle de 2008?
Les auteurs de l'analyse mettent en garde contre un effondrement économique mondial comparable à la crise financière de 2008. Le système financier a en effet été conçu pour une société où la main-d'œuvre humaine est rare et bien rémunérée, et cet état de fait pourrait ne plus tenir.
Le scénario décrit par Citrini Research n'est pas resté sans écho. Les médias financiers, dont le célèbre «Wall Street Journal», alertent déjà sur les craintes croissantes des investisseurs. Les bourses américaines ont en effet enregistré de fortes baisses de cours cette semaine.
Les patrons transformés en chauffeurs Uber
Dans un autre chapitre du pessimiste rapport de Citrini Research, les cadres licenciés quittent leurs postes bien rémunérés pour des emplois physiques ou dans les métiers du service, comme chauffeur Uber ou coursier alimentaire.
Ils travaillent alors pour la moitié de leur ancien salaire. Et ce, jusqu'à ce que ces métiers soient également pris en charge par des robots.
Cet article a d'abord été publié sur fakt.pl, une plateforme d'information polonaise qui, comme Blick, appartient à l'éditeur Ringier.