Le Premier ministre australien a jugé jeudi «injustifiés» les droits de douane pour «travail forcé» que les Etats-Unis veulent imposer à une soixantaine de pays, estimant qu'il y avait un «désaccord idéologique» entre Canberra et Washington sur les tarifs. Les Etats-Unis ont proposé mardi d'imposer des droits de douane additionnels à 60 pays en jugeant qu'ils combattent insuffisamment l'importation de biens issus du travail forcé.
Washington veut imposer des droits de 12,5% à quelque 45 pays, dont l'Australie, ayant échoué, selon ses services, à instaurer une interdiction de l'importation de biens issus du travail forcé, et des droits de 10% à des pays, dont ceux de l'UE, dont les efforts sont jugés insuffisants. En réponse, le Premier ministre australien Anthony Albanese a déclaré que le nouveau taux était «injustifié».
«Il existe un désaccord idéologique, l'administration américaine s'étant écartée de ce qui était un consensus établi depuis des décennies, à savoir que les tarifs douaniers ne sont pas positifs pour le pays qui les impose», a-t-il déclaré à la télévision publique ABC. «L'Australie dispose d'une législation solide, complète et à la pointe au niveau mondial pour lutter contre le travail forcé et l'esclavage moderne», a-t-il insisté.
Le ministre australien du Commerce Don Farrell a rencontré mercredi son homologue américain Jamieson Greer à Paris, où il a protesté contre le nouveau taux proposé. Le nouveau taux remplacerait les droits de douane en cours de 10% sur les marchandises australiennes exportées vers les Etats-Unis.