Le président russe Vladimir Poutine aurait sciemment utilisé le sommet de l'Alaska comme une mesure tactique destinée à masquer la préparation d’une offensive à l’automne. C'est ce que suggère l'Institute for the Study of War (ISW). L’invitation de Donald Trump lui aurait offert «du temps et de l'espace» pour organiser une avancée militaire en Ukraine en octobre ou novembre.
Cette lecture est également partagée par certaines autorités allemandes. Selon Reuters, la partie ukrainienne a informé les autorités allemandes de ses soupçons dès le 13 août. Poutine comptait sur le sommet en Alaska pour gagner du temps en vue d'une éventuelle offensive à l'automne. Il aurait flatté l’ego de Trump, tandis que le président américain se laissait retarder. Une stratégie classique du dirigeant du Kremlin.
Avant, pendant et après le sommet, la Russie a déjà intensifié ses opérations tactiques offensives. Ces derniers jours, des attaques massives ont été menées sur Kiev, faisant de nombreuses victimes civiles.
Un été sans percée
L'offensive d'été s'est déroulée en demi-teinte pour Moscou: elle n'a pas réussi à réaliser de grandes percées sur le terrain. Les unités russes ont plutôt misé sur de petites troupes spéciales mobiles qui ont pénétré ponctuellement dans les lignes de défense ukrainiennes. Mais les tentatives d’avancée durable ont échoué.
Pour l’automne, les observateurs militaires s’attendent à une tactique affinée. Selon l’ISW, Moscou chercherait à obtenir des percées localisées, appuyées par l’usage intensif de drones, d’artillerie et d’attaques sur les lignes logistiques ukrainiennes.
Un automne de guerre est à craindre
L’analyse prévoit que ces opérations d’infiltration s’intensifieront, soutenues par une campagne aérienne et d’artillerie systématique destinée à affaiblir la défense ukrainienne et à ouvrir la voie à des gains territoriaux ciblés. Les chaînes d’approvisionnement pourraient être visées, tandis que la Russie veut parallèlement gagner du temps pour la reconstruction et la préparation en vue de l'hiver prochain.
«Trump n'aura pas le choix»
La fin de la guerre semble bien lointaine. Même la rencontre entre Vladimir Poutine et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, annoncée par Trump après l'Alaska, n'aura guère lieu, comme l'a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz.
Kurt Volker, un ancien ambassadeur américain auprès de l'OTAN et envoyé de Trump en Ukraine de 2017 à 2019, a déclaré à Reuters que le président américain finirait par augmenter la pression sur Poutine, au moyen de sanctions économiques plus sévères et d'un soutien militaire accru à l'Ukraine. «Trump n'aura vraiment pas d'autre choix», souligne Kurt Volker.