L'opposant kurde Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016, s'est prononcé dimanche en faveur de l'adoption du projet de loi sur l'avenir des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Celui-ci doit être soumis lundi aux députés turcs.
«Nous espérons que vous franchirez une nouvelle étape cruciale dans cet effort de paix historique», écrit l'ancien coprésident du principal parti prokurde de Turquie, pour qui cette loi «transformera radicalement le destin de notre pays et de notre région», après plus de quatre décennies d'une lutte armée qui a fait au moins 50'000 morts.
«Ce processus n'est ni une démarche de division, ni un processus de compromis, ni une négociation stérile», souligne Selahattin Demirtas qui, bien que retiré officiellement de la vie politique, demeure la principale figure politique kurde de Turquie. Ce projet de loi, adopté vendredi en commission, prévoit le retour à la vie civile des combattants du PKK sous certaines conditions, après l'annonce l'an passé par le groupe armé de sa dissolution à l'appel de son chef historique, Abdullah Öcalan.
Suspendre les poursuites
Le texte, porté notamment par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan et le parti prokurde DEM, prévoit de suspendre les poursuites et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions pour une période allant de cinq à dix ans. En l'absence de récidive au cours de ce délai de sursis, les enquêtes seront classées et les peines considérées comme purgées.
Les auteurs des crimes les plus graves seront toutefois exclus de ce mécanisme, selon le projet de loi consulté par l'AFP. Le texte ne précise pas quel sera le sort du fondateur du PKK, Abdullah Öcalan, 77 ans, incarcéré à l'isolement depuis 1999, qui avait appelé à déposer les armes en réponse à une initiative de paix des autorités turques lancée fin 2024.