Les relations entre les Etats-Unis et l'Iran sont de plus en plus tendues. Néanmoins, des efforts sont déployés pour trouver des solutions diplomatiques. A la suite des premiers entretiens entre sa délégation et leurs homologues américains à Oman, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré vendredi à la télévision d'Etat iranienne que cet échange constituait un «bon début».
Le ton a toutefois rapidement changé. Ce dimanche, Abbas Araghtchi a déclaré lors d'un forum à Téhéran qu'il doutait du sérieux des Etats-Unis concernant ces négociations. Dans une interview, un député iranien a quant à lui déclaré que Trump avait simplement proposé un «échange de coups prévu à l'avance».
Ce scénario prévoyait des attaques préalables des forces américaines contre des cibles spécifiques, suivies d'une riposte iranienne «symbolique», après quoi le conflit serait officiellement présenté comme terminé. Cependant, ce même député a précisé lors de l'interview qu'une réponse aux attaques américaines ne serait en aucun cas «symbolique».
«Personne n'a le droit de nous dicter notre conduite!»
Abbas Araghtchi a affirmé lors du forum que l'Iran poursuivra en outre son enrichissement d'uranium, indispensable à la fabrication d'armes nucléaires. Celui-ci a toujours été une source de tensions avec les Etats-Unis.
Cependant, le ministre iranien a nié que son pays souhaite se doter de l'arme nucléaire. «Ils craignent notre bombe nucléaire, même si nous n'y aspirons pas. Notre seule arme nucléaire est notre capacité de dire 'non' aux grandes puissances.»
La demande de l'Iran de lever les droits de douane américains contre le pays est également au cœur des discussions. En contrepartie, l'Iran doit garantir «une série de mesures de confiance en ce qui concerne son programme nucléaire».
Cette entreprise ne devrait pas être si facile pour les Etats-Unis. Abbas Araghtchi a été clair: «Pourquoi insistons-nous tant sur l'enrichissement et refusons-nous de l'abandonner, même si une guerre nous est imposée? Parce que personne n'a le droit de nous dicter notre conduite!» Les prochaines discussions entre les deux parties sont annoncées pour la semaine prochaine.