Alliance entre la droite et l'extrême droite
En République tchèque, le nouveau gouvernement souverainiste prête serment

Le nouveau gouvernement de coalition entre la droite et l’extrême droite du Premier ministre Andrej Babis a prêté serment lundi en République tchèque, affichant des positions ambivalentes sur l’UE et l’aide à l’Ukraine, selon un journaliste de l’AFP.
Andrej Babis s'est associé au parti d'extrême droite SPD et au parti de droite Motoristes, tous deux eurosceptiques.
Photo: AP
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AFP Agence France-Presse

Le nouveau gouvernement d'alliance entre la droite et l'extrême droite du Premier ministre Andrej Babis, soufflant le chaud et le froid sur ses intentions concernant l'UE et l'aide à l'Ukraine, a prêté serment lundi en République tchèque, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Le mouvement souverainiste ANO («Action des citoyens mécontents») du milliardaire a remporté les élections législatives en octobre dans cet Etat membre de l'Union européenne et de l'OTAN, peuplé de 10,9 millions d'habitants.

Il s'est associé au parti d'extrême droite SPD et au parti de droite Motoristes, tous deux eurosceptiques, pour former un cabinet s'appuyant sur 108 députés au sein d'un Parlement de 200 sièges.

Proche de Viktor Orban

Agé de 71 ans, Andrej Babis, septième Tchèque le plus riche selon le magazine Forbes, a déjà été Premier ministre de 2017 à 2021, mais son gouvernement était plus centriste et pro-européen. A nouveau investi le 9 décembre, il a déclaré qu'il se battrait pour les intérêts tchèques «non seulement» chez lui, «mais partout dans le monde». ANO a cofondé avec le parti hongrois Fidesz de Viktor Orban le groupe d'extrême droite «Patriotes pour l'Europe» au Parlement européen.

Mais après avoir rencontré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Bruxelles la semaine dernière, Andrej Babis a assuré ne pas faire partie d'un «club» avec le dirigeant hongrois et le Premier ministre slovaque Robert Fico. Cela tout en déclarant que l'aide à l'Ukraine devait s'accompagner d'un plan clair pour la paix et une trêve.

La déclaration de politique générale du nouveau gouvernement affirme que l'UE «a ses limites» et qu'elle n'a pas le droit d'imposer des décisions portant atteinte à la souveraineté des Etats membres. Une ligne politique anti-traités similaire à celle de la Hongrie et de la Slovaquie.

Une position incertaine sur l'Ukraine

Andrej Babis est également resté vague sur l'avenir de l'initiative menée par les Tchèques et visant à coordonner la fourniture à l'Ukraine des munitions d'artillerie, disant vouloir s'informer avant de prendre une décision. Il avait promis de l'arrêter durant la campagne et avait aussi rejeté l'idée de poursuivre l'aide bilatérale l'Ukraine, affirmant que les contributions de Prague au budget de l'UE devraient suffire.

Quinze ministres ont été nommés, le président des Motoristes Petr Macinka devant cumuler les fonctions de ministre des Affaires étrangères et de l'Environnement. Au total, ANO a désigné neuf ministres dont deux femmes, le SPD trois et les motoristes trois autres.

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