Le patron de Ryanair met en garde
En 2027, on risque «la plus forte hausse des tarifs aériens de l'histoire»

Les tarifs des billets d’avion pourraient augmenter jusqu’à 20% si les prix des carburants restent deux fois plus élevés qu'avant la guerre en Iran, met en garde le patron de Ryanair, Michael O'Leary.
Les prix des vols low-cost pourraient flamber en 2027 si le carburant reste à ses niveaux actuels.
Photo: IMAGO/Olaf Schuelke
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Myret ZakiJournaliste Blick

La flambée des prix du kérosène pourrait provoquer, l’an prochain, «la plus forte hausse des tarifs aériens, je dirais, de toute l’histoire de l’Europe», a déclaré mardi Michael O’Leary, directeur général de Ryanair, devant la presse le 20 octobre.

Si les prix du carburant restent deux fois plus élevés qu’avant le déclenchement de la guerre menée par les Etats-Unis contre l’Iran, les tarifs des billets d’avion pourraient augmenter jusqu’à 20%, a-t-il averti.

«
Nous allons assister à une réduction spectaculaire des capacités cet hiver
Michael O'Leary, patron de Ryanair
»

Jusqu’à présent, les contrats de couverture contre les fluctuations des prix du carburant ont aidé les transporteurs européens à éviter de fortes hausses des tarifs, malgré un prix du kérosène qui a plus que doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Diminution du nombre de sièges

Mais, selon Michael O’Leary, la plupart des compagnies aériennes européennes ne disposent que d’une couverture très limitée pour l’année prochaine.

«A l’approche de l’année prochaine, nous ne sommes couverts qu’à hauteur de 15% de nos besoins, à un prix de 85 dollars le baril. Autrement dit, nous n’avons pratiquement aucune couverture pour l’été 2027», a expliqué Michael O’Leary à POLITICO lors d’un entretien accordé avant une conférence de presse à Bruxelles.

Michael O’Leary a également averti qu’une diminution du nombre de sièges disponibles, conjuguée à une hausse des tarifs, pourrait devenir la nouvelle norme, à mesure que les difficultés financières se multiplieront parmi les compagnies aériennes.

«Nous allons assister à une réduction spectaculaire des capacités cet hiver, et cette tendance se prolongera jusqu’à l’été 2027.»

Ryanair a elle-même annoncé la suppression de 20 liaisons au départ de la Belgique cet hiver, en réaction à l’augmentation des taxes aériennes nationales, qui passeront de 2 euros en 2025 à 7 euros à partir de janvier. En Suisse, où Ryanair opère depuis Bâle-Mulhouse, aucune suppression de liaisons n'a été annoncée à ce jour.

Opposition aux politiques climatiques

La flambée des prix du carburant renforce également l'opposition du secteur aérien aux politiques climatiques de l'UE. De nombreuses compagnies estiment en effet que ces mesures viennent alourdir des coûts d’exploitation déjà en forte hausse.

Depuis longtemps, Ryanair plaide pour une extension du système d’échange de quotas d’émission de l’UE à l’ensemble des vols à destination et au départ de l’UE. Michael O’Leary a réitéré cette revendication mardi.

«Il est indéfendable que les citoyens européens paient toutes ces taxes environnementales, tandis que les Américains, les Asiatiques et les Chinois peuvent atterrir et décoller en Europe en étant totalement exonérés de la part des taxes environnementales qu’ils devraient équitablement acquitter.»

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