Décollage réussi
Nouvelle mission spatiale vers l'ISS avec une Française à bord

Quatre astronautes ont décollé vendredi vers la Station spatiale internationale. Parmi eux, la Française Sophie Adenot, première Française dans l’espace depuis 25 ans.
De gauche à droite, le pilote Jack Hathaway, Jessica Meir, Andrey Fedyaev et Sophie Adenot en route vers la fusée qui les mènera à l'ISS.
Photo: CRISTOBAL HERRERA-ULASHKEVICH
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ATS Agence télégraphique suisse

Quatre astronautes, dont deux Américains, un Russe et la Française Sophie Adenot, la première dans l'espace depuis 25 ans, se sont envolés vendredi vers la Station spatiale internationale pour un voyage de plus de 30 heures. Le décollage de la fusée Space X, reporté de deux jours en raison de mauvaises conditions météorologiques, a eu lieu vers 05h15 locales (11h15 en Suisse) depuis Cap Canaveral en Floride, d'après une retransmission vidéo de la Nasa.

Accompagnée de deux astronautes de la Nasa, Jessica Meir, 48 ans, et Jack Hathaway, 43 ans, et d'un cosmonaute russe de Roscosmos, Andreï Fediaïev, 44 ans, Sophie Adenot, 43 ans, s'est envolée pour un voyage de plus de trente heures vers l'ISS. Vêtu de combinaisons blanches, l'équipage de cette mission nommée Crew-12 rejoindra le laboratoire orbital vers 21h15 (heure suisse) samedi pour un séjour de huit à neuf mois.

Sophie Adenot devient la deuxième Française de l'histoire à réaliser cette prouesse, après la pionnière Claudie Haigneré en 1996 et 2001, qui l'a inspirée et dont elle portera l'écusson. «J'avais 14 ans, j'ai eu le déclic quand je l'ai vue décoller (...). Je me souviens très bien que c'est à ce moment-là que je me suis dit 'un jour ce sera moi'», confiait récemment celle dont la chambre d'enfant était ornée de posters de fusées. «Osons rêver grand ensemble», a-t-elle lancé vendredi depuis l'espace, sur la vidéo en direct de la Nasa.

Laboratoire unique

Trente ans après cette révélation et un parcours d'excellence dicté par ce rêve, cette ingénieure de formation et ancienne pilote d'essai est entrée à son tour dans l'Histoire, quelques années après un autre Français, Thomas Pesquet. Durant son séjour à 400 kilomètres de la Terre, l'astronaute participera à plus de 200 expériences scientifiques qui porteront sur la microgravité, pour étudier notamment ses effets à long terme sur le corps humain, et sur l'environnement spatial.

L'astronaute testera par exemple EchoFinder, un système mis au point par le Centre national d'études spatiales (Cnes), qui doit permettre aux astronautes de réaliser des échographies en totale autonomie, grâce à l'intelligence artificielle et à la réalité augmentée. Elle se soumettra aussi à une série de tests neurosensoriels pour évaluer l'effet de son séjour en orbite sur la mémoire, la prise de risque ou la reconnaissance des émotions.

Coopération internationale

La mission internationale, qui doit prendre fin en octobre avec son retour sur Terre, a été quelque peu compliquée par une série de contretemps, entre retour prématuré d'un équipage précédent de l'ISS pour raisons médicales et contraintes de calendrier liées à une autre mission habitée de la Nasa, à destination cette fois de la Lune. Le cosmonaute russe prévu de longue date pour partir à ses côtés a été par ailleurs retiré d'urgence l'an passé de l'équipe, en raison de soupçons d'espionnage selon des analystes, sans que la Nasa ne confirme ce point. Il a été remplacé par un autre candidat.

Occupée en permanence depuis 25 ans, l'ISS est un laboratoire scientifique sans pareil mais aussi l'un des derniers espaces de coopération internationale entre Américains et Russes. Cette aventure collaborative est néanmoins appelée à prendre fin en 2030, quand la Station spatiale internationale sera mise à la retraite. Les stations spatiales entreront alors dans une ère plus commerciale, à l'image de ce qui s'est déjà produit pour les fusées.


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