Semaine sainte
Cuba annonce la grâce de 2010 prisonniers pour Pâques

Cuba annonce la grâce de 2010 détenus pour la Semaine sainte, un geste qualifié d'humanitaire. Cette décision intervient dans un contexte de pressions américaines et de discussions avec Washington.
Les prisonniers condamnés pour agression sexuelle, corruption de mineurs, assassinat, homicide et trafic de drogue ont été écartés de cette mesure.
Photo: Anadolu via Getty Images
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AFP Agence France-Presse

Le gouvernement cubain a annoncé jeudi avoir gracié 2010 détenus à l'occasion de la Semaine sainte, après avoir promis la libération d'une cinquantaine de prisonniers sous l'égide du Vatican le mois dernier dans un contexte de pressions américaines. Il s'agit d'un «geste humanitaire et souverain», qui intervient «dans le cadre des célébrations religieuses de la Semaine sainte», selon un communiqué officiel lu à la télévision cubaine.

Si ni la liste des prisonniers bénéficiant de cette grâce, ni les motifs de leur détention n'ont été fournis, le communiqué précise que ceux-ci ont purgé «une partie importante de leur peine» et ont «fait preuve d'une bonne conduite en prison». Parmi eux figurent «des jeunes, des femmes, des personnes âgées de plus de 60 ans», ainsi que «des étrangers et des citoyens cubains résidant à l'étranger», est-il également indiqué dans le document.

Ont été écartés de cette mesure «les récidivistes et les multirécidivistes», ainsi que les prisonniers condamnés pour agression sexuelle, corruption de mineurs, assassinat, homicide, trafic de drogue, vol avec violences ou délits contre l'autorité, entre autres. Le gouvernement cubain a souligné que la grâce annoncée jeudi «est la cinquième» qu'il accorde depuis 2011. Plus de 11'000 personnes en ont bénéficié depuis, a-t-il précisé. Selon Michael Bustamente, directeur du département d'études cubaines de l'université de Miami, «ce n'est pas la première fois que les autorités cubaines font un geste de ce type (...) à la veille d'une fête religieuse comme Pâques».

Pourparlers avec Washington

Alors que Cuba fait face depuis des années à une crise économique et énergétique, le président américain Donald Trump impose depuis janvier un blocus pétrolier de facto à La Havane et a évoqué la possibilité de «prendre» l'île. La Havane a confirmé mi-mars être entré en pourparlers avec Washington. Mardi, un pétrolier russe a accosté dans le port de Matanzas, à une centaine de kilomètres de La Havane, la première cargaison de pétrole reçue par Cuba depuis janvier et la fin des livraisons vénézuéliennes.

La Russie a annoncé jeudi qu'elle enverrait un deuxième pétrolier à Cuba. Mi-mars, le gouvernement cubain avait annoncé la libération à venir de 51 prisonniers sous l'égide du Vatican, un canal de dialogue régulier entre Cuba et les Etats-Unis. Le groupe de défense des droits humains Justicia11J avait fait savoir dans la foulée que 14 personnes détenues à la suite des vastes manifestations antigouvernementales de juillet 2021 allaient être relâchées, au lendemain de l'annonce de la libération de deux personnes.

«On peut se demander si la décision de l'administration Trump de laisser entrer un navire russe, et peut-être un second, a un lien», a expliqué Michael Bustamente. Pour l'universitaire, «il ne semble pas absurde de penser que cela soit le signe que le dialogue entre les deux gouvernements progresse».

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