Une star de la télé-réalité peut-elle faire vaciller le chef du Kremlin Vladimir Poutine? Probablement pas. Mais le président russe fait actuellement l’objet d’une vague de critiques sur les réseaux sociaux après la diffusion virale des propos de l’influenceuse Wiktorija Bonja.
Selon le «Guardian», la vidéo publiée par Wiktorija Bonja le 13 avril 2026 sur Instagram cumule déjà 26 millions de vues, 1,3 million de likes et 78'000 commentaires, majoritairement positifs. Dans ce clip de 18 minutes, elle s’adresse directement aux dirigeants russes. «Les gens ont peur de vous, les blogueurs ont peur de vous, les artistes ont peur de vous, les gouverneurs ont peur de vous. Et vous êtes le président de notre pays», déclare Wiktorija Bonja. Elle ajoute: «On a l’impression de ne plus vivre dans un pays libre».
Wiktorija Bonja vit à Monaco
Dans sa vidéo, elle énumère plusieurs problèmes qu’elle estime être tus publiquement en Russie. Elle évoque notamment les inondations au Daghestan, les marées noires sur la côte de la mer Noire, les abattages massifs de bétail en Sibérie, les pannes d’Internet ainsi que la pression économique sur les petites entreprises liée à la hausse des prix et des impôts. «Vous savez quel est le risque? Que les gens cessent d’avoir peur», avertit-elle en s’adressant à l’élite du Kremlin.
Le Kremlin a réagi avec une retenue inhabituelle. Le porte-parole Dmitri Peskov a indiqué que la vidéo avait été «vue» et que les thèmes abordés n’étaient «pas sans importance». Plutôt que de répondre directement aux critiques, il a justifié certaines restrictions par la guerre en cours, affirmant que de nombreuses choses «reviendront à la normale après la fin de l’opération militaire spéciale».
Wiktorija Bonja ne semble pas craindre de représailles directes, puisqu’elle réside à Monaco. Mais comme ses propos ne visaient pas frontalement Vladimir Poutine ni la guerre en Ukraine, certaines spéculations évoquent, selon le «Guardian», une possible action coordonnée avec le Kremlin. A l’approche des élections législatives de cette année, certains y voient aussi un signal destiné à montrer que les autorités entendent les critiques de la population.
Ce n’est pas la première fois que des personnalités russes de premier plan prennent leurs distances avec Vladimir Poutine. Plusieurs figures connues ont récemment exprimé des critiques à l’égard de sa politique.
Ilya Remeslo, ex-propagandiste
En mars 2026, Ilya Remeslo a surpris en prenant ses distances avec Vladimir Poutine. Jusqu’ici connu pour ses positions anti-opposition russe, il a affirmé sur Telegram que Vladimir Poutine était illégitime en tant que président et qu’il devrait être jugé par une cour martiale. Dans un manifeste en cinq parties, selon le «Spiegel», il accuse le chef du Kremlin d’avoir mené la Russie dans une impasse avec la guerre en Ukraine. Il lui reproche également d’avoir fragilisé l’économie, restreint la liberté de la presse et renforcé la censure sur Internet.
La chanteuse Monetotschka
Avec plus de six millions d’abonnés cumulés sur TikTok, Instagram et Spotify, la chanteuse Monetotschka, 27 ans, a quitté la Russie peu après le début de la guerre et n’y est jamais revenue. Elle a déclaré rejeter la «guerre monstrueuse et malhonnête contre l’Ukraine» et a récolté plusieurs centaines de milliers de dollars pour les réfugiés ukrainiens.
Elle s’inquiète aussi pour la jeune génération russe. «La jeune génération est formatée avec un programme complet», a-t-elle déclaré au quotidien allemand «Süddeutsche Zeitung», critiquant la politique éducative du Kremlin centrée sur l’éducation patriotique.
L’ex-général Leonid Ivachov
Le général à la retraite Leonid Ivachov, ancien expert militaire, a qualifié la guerre en Ukraine d’«événement extrêmement stupide» et de «crime» dans une vidéo publiée fin de l’année dernière. Il a également dénoncé de nombreux dysfonctionnements structurels en Russie sous la présidence de Vladimir Poutine: baisse du niveau d’éducation, affaiblissement de la science, corruption dans la justice, absence de stratégie de sécurité et crise démographique.