Le gouvernement iranien a annoncé dimanche que chaque citoyen recevrait pendant quatre mois une aide mensuelle d'un peu moins de 6 francs. Une annonce fait après une semaine d'un mouvement de contestation déclenché par des revendications économiques.
«Chaque personne recevra un montant d'un million de tomans (10 millions de rials, soit un peu moins de 6 francs) par personne et par mois, qui sera crédité sur son compte pendant quatre mois», a déclaré la porte-parole du gouvernement Fatemeh Mohajerani à la télévision d'Etat. Cette aide vise à «réduire la pression économique sur la population», a-t-elle précisé.
Salaire minimum fixé à 80 francs
Le salaire moyen en Iran, un pays qui compte 86 millions d'habitants, est d'environ 158 francs par mois, et le salaire minimum d'environ 80 francs par mois. La plupart des Iraniens paient leurs achats quotidiens avec leurs téléphones ou des cartes de crédit plutôt qu'avec du liquide.
Le mouvement de contestation, initialement lié au coût de la vie, a débuté le 28 décembre à Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l'hyperinflation et le marasme économique, et s'est depuis élargi à des revendications politiques.
Une quarantaine de villes touchées
La contestation a touché à des degrés divers une quarantaine de villes, principalement situées dans l'ouest du pays. Au moins 12 personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées, selon un bilan basé sur des annonces officielles.
Ce nouveau mouvement est né au moment où le pays apparaît affaibli après la guerre avec Israël en juin 2025 et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux. A cela s'ajoute les sanctions rétablies par l'ONU en septembre contre l'Iran pour son programme nucléaire.
La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d'un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu'une hyperinflation fragilise depuis des années le pouvoir d'achat des Iraniens, dans un pays asphyxié par des sanctions internationales.
Le pouvoir a dès le début des protestations tenté de jouer l'apaisement, reconnaissant des «revendications légitimes» liées aux difficultés économiques. Mais la justice a mis en garde contre toute intention de déstabilisation.
Trump intervient
Le président américain Donald Trump a affirmé dimanche que l'Iran serait frappé «très durement» si des manifestants étaient tués lors du mouvement de contestation en cours dans le pays, initialement pour des raisons économiques mais qui s'est élargi à des revendications politiques. «Nous regardons cela de très près. S'ils commencent à tuer des gens comme ils l'ont fait dans le passé, je pense qu'ils seront frappés très durement par les Etats-Unis», a déclaré Donald Trump à bord de son avion Air Force One.