Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé le tir de missiles hypersoniques contribuant selon lui à préparer les forces nucléaires de Pyongyang à «une guerre réelle», dans un contexte de «crise géopolitique» après l'enlèvement par les Etats-Unis de Nicolas Maduro.
Pyongyang accuse depuis des décennies Washington de vouloir renverser son gouvernement selon un scénario similaire à celui employé samedi pour exfiltrer le président vénézuélien, et affirme que ses programmes militaires et nucléaires servent de dissuasion.
Dimanche, le pays a mené son premier lancement de missiles balistiques – en violation des sanctions internationales – de l'année 2026, avec ce que l'agence officielle KCNA a qualifié lundi de nouveau système d'armement «de pointe» utilisant des missiles hypersoniques, testés pour la première fois en octobre.
Une «manoeuvre nécessaire»
«La récente crise géopolitique et les événements internationaux complexes illustrent la raison pour laquelle c'est nécessaire», a déclaré Kim Jong Un à propos de cette manoeuvre, selon KCNA, allusion claire à la capture de Nicolas Maduro.
Le dirigeant a souligné que des «avancées importantes avaient été réalisées récemment» pour préparer les forces nucléaires nord-coréennes «à une guerre réelle». L'objectif, pour Kim Jong Un, est de «mettre progressivement en place une force de dissuasion nucléaire hautement développée».
Ce lancement a eu lieu à quelques heures du départ du président sud-coréen Lee Jae Myung pour la Chine, afin de parler commerce et Corée du Nord avec son homologue Xi Jinping, alors que l'influence de Pékin, proche de Pyongyang, pourrait l'aider dans son objectif de réchauffement diplomatique intercoréen.
Les Etats-Unis, «voyous et brutaux»
Mais il intervient surtout après la spectaculaire opération américaine contre Nicolas Maduro, dénoncée par le ministère des Affaires étrangères nord-coréen comme un «exemple qui confirme une nouvelle fois le caractère voyou et brutal des Etats-Unis», portant une «grave atteinte à la souveraineté» du Venezuela.
Le dernier lancement «peut être interprété comme un message indiquant que Pyongyang possède une capacité de dissuasion et des capacités nucléaires, contrairement au Venezuela», explique à l'AFP Hong Min, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale, basé à Séoul. L'expert mentionne par ailleurs des informations publiées dimanche par les médias d'Etat selon lesquelles M. Kim a visité une installation impliquée dans la fabrication d'armes guidées tactiques.
Cela, relève-t-il, «démontre une capacité à mener des frappes plus précises que les lance-roquettes multiples existants depuis diverses plateformes, y compris aériennes et terrestres».
Des essais nucléaires qui s'accélèrent
Kim Jong Un se montre très présent ces derniers jours sur le plan militaire. Il a notamment visité un chantier de sous-marins à propulsion nucléaire, ordonné d'augmenter la production de missiles et la construction d'usines, supervisé le test de deux missiles de croisière longue portée et vanté la puissance de ses nouveaux lance-roquettes multiples.
Le Nord a, de manière générale, considérablement accéléré ses essais militaires ces dernières années malgré une tentative de rapprochement engagé par Donald Trump lors de son premier mandat envers le dirigeant nord. Depuis la dernière rencontre des deux dirigeants en 2019, Pyongyang s'est déclaré puissance nucléaire de manière «irréversible» et a renforcé ses liens avec la Russie, allant jusqu'à lui fournir des troupes pour soutenir son effort de guerre face à l'Ukraine.
Le précédent test de missile balistique nord-coréen remontait à novembre, après que Donald Trump a donné son feu vert à la Corée du Sud pour construire des sous-marins à propulsion nucléaire. KCNA n'a pas précisé combien de missiles avaient été tirés dimanche, indiquant néanmoins qu'ils avaient «touché les cibles à 1000 kilomètres de là» dans la mer du Japon.