Déclarations controversées
La Lituanie vire un parti populiste de son gouvernement

En Lituanie, les sociaux-démocrates ont exclu samedi le parti populiste Aube sur le Niémen de leur coalition au pouvoir, citant des tensions politiques et des déclarations controversées de son président Remigijus Zemaitaitis.
Les déclarations de Remigijus Zemaitaitis sont devenues intolérables pour le pouvoir.
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AFP Agence France-Presse

Les sociaux-démocrates lituaniens, à la tête de la coalition au pouvoir dans ce pays balte, ont décidé samedi d'en exclure le parti populiste Aube sur le Niémen, opposé sur différents dossiers importants, et d'inviter à sa place un ancien coalisé de centre gauche. L'Aube sur le Niémen a voté notamment contre des projets visant à créer de nouveaux terrains d'entraînement militaire, dans ce pays allié de l'Ukraine, situé entre l'enclave russe de Kaliningrad et le Bélarus.

Des représentants du parti social-démocrate (LSDP) ont critiqué aussi le président de l'Aube sur le Niémen, , pour nombre de déclarations jugées controversées. «Les déclarations publiques, les activités politiques et la tension constante provoquées par Remigijus Zemaitaitis, président d'Aube sur le Niémen, sont devenues un obstacle majeur au bon fonctionnement de la coalition», ont déclaré les sociaux-démocrates dans un communiqué sur Facebook.

Incitation à la haine

En décembre dernier, Zemaitaitis a été reconnu coupable d'incitation à la haine contre les Juifs. Il a affirmé par ailleurs que l'indépendance de la Lituanie vis-à-vis de l'Union soviétique en 1990 fut un coup d'État. Zemaitaitis a compté parmi les premiers à appeler à la prise de contrôle de l'audiovisuel public, ce qui a déclenché de vastes manifestations, et a suggéré d'instaurer une loi controversée sur les agents étrangers dans cet État balte de 2,8 millions d'habitants, membre de l'Otan et de l'UE.

Le LSDP a désormais invité l'Union des démocrates «Pour la Lituanie» à entamer des discussions sur une nouvelle coalition. Cette formation dirigée par le député européen et ancien commissaire UE Virginijus Sinkevicius, avait fait déjà partie de la coalition gouvernementale, mais s'en est retirée après la démission, en juillet, du Premier ministre social-démocrate Gintautas Paluckas, sur fond d'une enquête pour corruption.

La nouvelle coalition potentielle des sociaux-démocrates, des Démocrates et de l'Union agraire et des verts, actuellement au gouvernement, disposerait d'une majorité de 75 députés sur 141, contre 80 actuellement. Le président lituanien Gitanas Nauseda a salué ces changements, déclarant dans un commentaire à l'agence de presse balte BNS qu'il s'agissait d'une «décision longuement mûrie». Le LSDP a indiqué qu'il comptait reformuler son nouveau gouvernement dans les deux semaines qui suivent. 

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