5 millions de barils par jour d'ici 2027
Abou Dhabi investit 55 milliards pour doper son pétrole

La Compagnie nationale pétrolière d'Abou Dhabi, Adnoc, s'est engagée dimanche à dépenser 55 milliards de dollars dans de nouveaux projets au cours des deux prochaines années, deux jours après le départ officiel des Emirats arabes unis du cartel pétrolier Opep.
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La décision de rompre avec l'Opep et le groupe élargi Opep+ permettra aux Emirats de produire comme ils le souhaitent.
Photo: KEYSTONE

«Adnoc a confirmé aujourd'hui qu'elle accélérait la croissance et la mise en oeuvre de sa stratégie, avec 200 milliards d'AED (55 milliards de dollars, ndlr) de nouveaux contrats de projets pour la période 2026-2028», précise l'entreprise dans un communiqué.

«Les attributions de projets prévues couvrent les activités amont et aval d'Adnoc et inaugurent une nouvelle phase d'exécution de projets qui va doper la capacité de production manufacturière des Emirats arabes unis, renforcer la résilience industrielle et approfondir l'impact des plans de l'entreprise pour accroître les dépenses et la production dans le pays», ajoute Adnoc.

A la suite du départ de l'Opep

La décision de rompre avec l'Opep et le groupe élargi Opep+ permettra aux Emirats de produire comme ils le souhaitent, après des décennies passées à suivre un système de quotas instauré par le cartel. Elle pourrait apporter au pays une manne financière considérable.

Les Emirats ont annoncé leur départ alors que le Golfe est ébranlé par la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a entraîné le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, et des attaques de Téhéran contre des infrastructures dans toute la région.

Avant le conflit au Moyen-Orient, les Emirats arabes unis figuraient au quatrième rang des 22 producteurs de l'Opep+, derrière l'Arabie saoudite, la Russie et l'Irak, avec environ 3,5 millions de barils par jour.

Les Emirats sont depuis longtemps frustrés par les quotas de l'Opep, dirigée par l'Arabie saoudite, qui plafonnaient leur production à 3,4 millions de barils par jour afin de soutenir les prix du pétrole brut. Abou Dhabi ambitionne de porter sa capacité de production à cinq millions de barils par jour d'ici 2027.

Membre de l'Opep depuis 1967, l'ancien protectorat britannique devenu pays indépendant en 1971 avait annoncé mardi son départ du cartel à compter du 1er mai.

Sept pays membres de l'Opep+ ont de leur côté dévoilé dimanche une hausse de leurs quotas de production de pétrole lors de leur première réunion depuis le départ des Emirats, qu'ils n'ont pas commenté.

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